GONZALES COQUES
\q prince d^Orange et sa famille (Cabinet Leicester), la Famille Van Eyck (musée de Pesth) (fig. 80); d'autres à Dresde, à Cassel, à Nantes, à La Haye, chez lord Hért- ^,|Brd, etc. Ses modèles sont groupe's dans un salon ou dans
FlG. 80. — GONZALES COl^UES.
La famille Van Eyck. (Musée de Pesth.)
un jardin, sur une terrasse ou sôus un portique et entourés de lévriers, de fleurs ou d'accessoires. Il les peignait en pied, avec une palette à la fois délicate et étonnamment riche en tons, et aussi, malgré Texiguïté des proportions, avec une largeur de touche à la Teniers, excluant toute minutie et toute maigreur. « Des Van Dyck vus par le bout de la lorgnette », dit Bûrger;
« des Van Dyck in-i8 », dit M. Paul Mantz. En effet, Coques a continué le grand portraitiste en réduisant harmonieusement ses fières allures et ses souveraines élégances.
Ses ouvrages sont très rares. Il est absent de plusieurs grands musées du continent : le Prado, la Pinacothèque, les Offices, Amsterdam, Lille, n^ontrien de lui. La Belgique elle-même n'a d'autres Coques que celui d'Anvers et celui du duc d'Arenberg. C'est l'Angleterre qui a accaparé la majeure partie de son œuvre, une vingtaine de tableaux, parmi lesquels ses pièces capitales. Généralement Coques n'en peignait que les personnages; les intérieurs sont de Steenwyck le jeune, les paysages de d'Arthois, les architectures deGhéringh et les accessoires de Gysels.
Si Gonzalès Coques est une réduction de Van Dyck, Charles -Emmanuel Biset (i633-i682) en est une de Frans Hais. Plus lourd dans rexécution , avec moins d'esprit, mais avec un goût aussi sobre, une observation aussi délicate, une palette aussi riche, aussi harmonieuse, une précision non moins artistique; tel est Biset, si nous le comparons à Coques.
Détaillez le tableau qui est au musée de Bruxelles (fig. 8ij et qui représente, sous le titre fantaisiste de Guillaume Tell, les membres de la confrérie de Saint- Sébastien d'Anvers; c'est un des morceaux rares et précieux de la Galerie royale ; avec ses costumes noirs à rabats blancs, ses longues perruques, ses physionomies typiques, si graves et si nationales, et tout son beau répertoirede tonalités chatoyantes, il semble une réminiscence
réduite des doeîenstukken de Haarlem. Et cependant qui connaît le nom de Biset? Qui a essayé de suivre le fil de cette existence, qui nous paraît avoir été mouvementée et glorieuse?... Oti sont ses œuvres? Ilnaquità Malines en i633, c'est-à-dire un des derniers parmi les grands maîtres du siècle. A Paris, qu'il habita au début de sa carrière, il reçut de nombreuses commandes, tant de Louis XIV que des hauts personnages de sa cour. A son retour en Belgique, il travailla à Anvers, pour le comte de Monterey, gouverneur des Pays-Bas, dont il fut le peintre en titre. La gilde de Saint-Luc le nomma doyen et la ville le plaça à la tête de TAcadémie. Plus tard, vers la fin de sa vie, il fut patronné par le duc de Parme, dont il fit le portrait en 1682. Il mourut en cette même année, à Anvers, âgé seulement de cinquante-deux ans.
Ses tableaux sont bien autrement rares encore que ceux de Gonzalès Coques et le compte en est bien vite fait : le Guillaume Tell de Bruxelles, un Intérieur flamand, à Rotterdam; deux médaillons représentant chacun un Chirurgien pansant un blessé (galerie Liechtenstein) ; un sujet de genre à Cassel et deux petits portraits d'homme et de femme (collection Itzenger, à Berlin), qui, parla délicatesse de leur modelé, la finesse de leur caractère, la chaleur du coloris et la distinction de la facture, donnent du talent de leur auteur une idée plus haute encore que le tableau de Bruxelles*; voilà ce qui reste de Pœuvre de Biset. Où donc est
I. Ad. Rosenberg : Austellung von Gemalden Malterer eister in Berlin (dans les Zeitschrift fur Bildende Kunst du professeur C. Lûtzow. Vienne, i883, p. 326).
¥lG.Jti2. FRANÇOIS DUCHASTEL.
Portrait. (Musée de Berlin. H. 2,00. L. 1,17.)
passé V Intérieur de V église des jésuites^ à Anvers^ avec figures, qui fut vendu à Paris en 1873, 2,o5o francs?... et le Jupiter et Danaé de la vente Lormier, à La Haye, adjugé, en 1763, 720 francs? où sont les œuvres de mérite qu'il a eu le temps de produire, en trente ans d'activité? Personne ne tentera-t-il pour Biset l'entreprise attrayante que Burger a réalisée pour Jean Vermeer de Delft? Un nom est à ressusciter, une vie inté-
essante à écrire et, nous en sommes convaincu, une œuvre remarquable à découvrir, sous les faux noms qui la cachent.
De même que Coques, Biset avait ses collaborateurs: Spierinckx et Immenraet peignirent ses fonds de paysage, Van Ehrenberg ses architectures, Verendael et Gysels ses fleurs et ses accessoires. Il eut un fils, Jean-Baptiste
1672-ap. 1732), né à Malines aussi, qui adopta le genre et la manière de son père.
Après Biset, mentionnons le nom peu connu de Nicolas Van Eyck (16 17- 1679), dont le tableau signé du musée de Lille — Portrait d'un Seigneur à cheval — est élégant et distingué ; puis quittons Anvers pour Bruxelles. Nous y trouvons un artiste qui, dans ce même genre, obtint quelque succès : François Du- CHASTEL (1625 -1679 ?), l'élève de David Teniers. Il séjourna à Paris et travailla avec Van der Meulen, dont il subit l'influence. Son œuvre capitale — très curieuse et très intéressante — est au musée de Gand ; elle ne compte pas moins de mille petites figures et représente V Inauguration solennelle du roi d'Espagne, Cha?ies IL Un second tableau important, représentant une Cavalcade de chevaliers de la Toison d'or, figure au musée