PIERRE NEEFS
itrées de port, des marchés et des fontaines, des monu-
ments de tous genres et de tous âges, des intérieurs d'é-
glises et de palais, des vestibules, des portiques et des terrasses.
Les premiers noms qui se présentent dans Tordre chronologique sont ceux des deux Henri van '* ** Steenwyck père et fils, d'origine hollandaise, qui résidèrent longtemps à Anvers, dont ils peignirent souvent les églises et où ils formèrent des élèves. Le plus renommé d^entre eux est Pierre Neefs le vieux (1578 -vers i656), qui fit, pour les églises catholiques d^Anvers, ce que, trente ans plus tard et avec plus de talent, une pâte plus abondante et un clair- obscur mieux entendu, Emmanuel De Witt allait faire pour les temples protestants de Delft. LMn et Fautre parvinrent à faire de la poésie avec des lignes architecturales.
Neefs sHngénia à représenter des effets de nuit, des services funèbres éclairés aux flambeaux , des chapelles éclairées par les cierges, effets qu^il rendit, du reste, avec beaucoup de vérité. Fr. Francken, Van Thulden, même Tenierset Brueghel de Velours furent les collaborateurs habituels de ses petits panneaux, témoignant ainsi en quelle haute estime le talent de Partiste était tenu par ses confrères de Saint-Luc.
Ce sont également deux peintres d'intérieurs d'églises qu' Antoine Gheringh (?-i668) et GuillaUiME Van Ehrenberg (1637-1675-7), qui tous deux ont, au musée de PAcadémie des beaux-arts de Vienne, de savantes perspectives largement peintes, dans des tons argentins très délicats. L'habileté du second à rendre, les belles architectures des vestibules et des terrasses monumentales fit souvent réclamer le concours de son pinceau
DENIS VAN ALSLOOT. jji
par les peintres de gentilhommeries, et notamment par Cronzalès Coques, Biset et Jérôme Janssens.
Mi Avec les artistes suivants, nous quittons Pintérieur es églises et des palais pour les vues de places publiques. Denis Van Alsloot (i55o-i625 ?) est un coloriste qui paraît avoir occupé, à Bruxelles, au commencement du siècle, une place assez marquante. En 1599, il tenait un atoJier ouvert et collaborait aux travaux des tapissiers; plus tard, il signa comme peintre des archiducs Albert et Isabelle. Ce qui nous reste de son œuvre nous montre un vrai peintre national, ayant échappé à Tinfluence italienne et affectionnant tout particulièrement la vue des places publiques, au moment où elles sont traversées par les processions des paroisses ou le défilé des corporations et des serments. Van Alsloot a quatre de ces grandes fêtes populaires à Bruxelles et à Madrid. Dans ces deux musées, ainsi qu'à Munich, il a de plus une Mascarade sur la glace, intéressant tableau de mœurs, fait d'un pinceau habile, bien qu'un peu rude^ Les deux Anversois Guillaume Van Nieulandt (1584i635) et Antoine Goubau (1616-1698) sacrifièrent à la mode de l'époque et mirent leur talent y, q au service de l'Italie; ils ne reproduisi- 14 f rem que les ruines, les arcs de triomphe -^ et les aqueducs de la Ville éternelle, dont les sévères beautés avaient ébloui leurs yeux et troublé aussi quelque peu leur palette.
I. Voy. l'article de Pinchart dans le Nagler-Meyer : Allgenteirtes Kunstler-Lexikon. Leipzig, 1872; t. I*"", p. 527.