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LES PEINTRES DE NATURE MORTE

Pour apprendre à connaître ce genre multiple qui, dans la première moitié du xvn® siècle, compta •] à Anvers comme à Haarlem, à Utrecht et à Amster- i dam tant et de si excellents interprètes, ce sont sur- 1 tout les galeries de Vienne et de Saint-Pétersbourg | quMl faut visiter. Chez le prince de Liechtenstein comme au palais de TErmitage, des salles entières, richement garnies, sont consacrées à ces maîtres, dits de Nature morte, qui, en dépit de ce titre trompeur, ont su donner tant de vie à leurs sujets immobiles ou inanimés.

Nulle part mieux que dans ces deux belles collections, si pleines d'intérêt pour Fart néerlandais, on ne peut admirer avec quelle fougueuse prestesse, quelle robuste et savante élégance les peintres du Nord ont su grouper le gibier, le poisson, les fleurs, les fruits, les légumes, la porcelaine, la verrerie, enfin mille objets divers, et avec quel art puissant ils se sont plu à jeter à grands coups sur ces pittoresques trophées le soleil, qui entr'ouvre les roses et les tulipes, velouté le plumage

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de^aisans et des cygnes, le ventre roux des lièvres et des chevreuils, dore les citrons, rougit les homards, fait briller les écailles des poissons et la nacre des huîtres, et chatoyer le Rhin derrière les nervures des cristaux.

Nous diviserons en deux catégories cette classe nombreuse d'artistes : les peintres de gibier, de poissons et d'accessoires; les peintres de fleurs et de fruits.

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