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FIG. 93, FRANÇOIS POURBUS LE JEUNE

Portrait de Henri IV. (Musée du Louvre. H. 0,37. L. 0,25.)

Hères » ; une collection curieuse au sujet de laquelle M. Armand Baschet nous a donné les plus piquants détails K

En 1606 et 1609, Fourbus fit, pour le service de son souverain, deux voyages à Paris. Il y fut si favorablement accueilli et si activement occupé par Marie de Médicis et sa cour quUl se décida à abandonner Tltalie pour la France. Dès lors il ne quitta plus Paris, où il vécut fort honoré avec le titre de « peintre de la reine ».

Il est étrange que Pœuvre d^un artiste si officiellement occupé soit aussi peu connu. De son séjour à Bruxelles, on ne cite guère qu'un Bal à la Cour d'Albert et Isabelle (musée de La Haye); on pourrait peut-être aussi lui attribuer les portraits d'Isabelle (musées de Bruxelles et de Hampton-Court). Où sont tous ceux faits à Mantoue? La collection ducale fut dispersée en 1627-28 et passa en grande partie en Angleterre; si Ton cherchait, c'est là que l'on retrouverait sans doute quelques fragments de la fameuse Chambre des Beautés. L'authenticité des ouvrages peints à Paris est mieux établie : le tienri IV du Louvre (fig. 93) est presque classique; les portraits de Marie de Médicis (Louvre, Prado et Valenciennes) , d'Anne d'Autriche (Prado et collection Rothan), de Louis XIII et de Gaston d'Orléans (collections privées) sont également très appréciés. A Paris, l'artiste exécuta aussi des tableaux religieux pour les églises (deux sont au Louvre) ; il décora de portraits l'ancienne salle dite des peintures (actuel-

I. François Pourbus, peintre de portraits à la cour de Mantoue. {Ga:(ette des Beaux- Arts, 1868, t. XXV, p. 276 et 438.)

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; lement galerie d'Apollon), et peignit pour l'Hôtel-de-

I Ville une série de grandes toiles à portraits, détruites

[lors de la Révolution de 1789, mais dont quelques

^fragments existent encore à TErmitage.

i François Fourbus le Jeune, pas plus que son père,

£ François le Vieux, n'atteignit à la grande façon des

[portraitistes célèbres; mais Tun et Tautre n'en furent

pas moins des artistes véritables et, comme le dit très

justement M. Armand Baschet, des peintres « capables

d'un chef-d'œuvre, amoureux du bien faire, chercHeurs

'du fini, praticiens excellents »> A Paris, François

Pourbus (I I) forma un élève qui, durant tout le cours de

sa longue existence, ne fut pas moins occupé pi moins

honoré que lui : ce fut Juste Suttermans, d'Anvers.

Italie. — Le portraitiste le plus recherché et le plus réputé à Florence, au xvir èiècle,ne fut pas un Italien, mais précisément cet élève de Pourbus, Juste Suttermans (1597-1681)% peintre en titre de Cosme II, de Ferdinand II et de Cosme III de Médicis. La collection de ses portraits historiques forme le plus précieux document pour l'histoire de la Toscane et de^cette dynastie, célèbre pendant plus d'un demi-siècle.

Elève d'abord de Guillaume De Vos, à Anvers, puis de Pourbus, à Paris, où il séjourna trois ans, Suttermans arriva à Florence quelques années avant le passage de Van Dyck. Cosme II le prit aussitôt à son service et sa réputation ne tarda pas à se répandre dans toutes les villes de l'Italie et de l'Autriche. Il fut

I. Ed. Fétis : les Peintres belges à l'étranger. Bruxelles, t. P"",

successivement appelé à Vienne par Pemperear Ferdinand II, à Parme par le grand-duc Edouard 1*=% à Mantoue par Ferdinand de Gonzague, à Rome, où il fit les portraits d'Urbain VII et des Barberini et plus tard ceux d'Innocent X et des Panfilia; enfin il a aussi laissé des traces brillantes de son passage à Modène, à Ferrare, à Gênes et à Inspruck.

Suttermans fut en relation d'amitié avec Rubens, qui peignit pour lui le tableau dit les Suites de la Gueî^re, (palais Pitti), et avec Van Dyck, qui nous a laissé son portrait dans V Iconographie. Un grand panneau décoratif (6"',3o de long), habilement composé et représentant le Sénat de Florence prêtant serment de fidélité à Ferdinand II enfant (Offices), nous le montre peintre d'histoire. Quant à ses portraits, on en rencontre dans presque toutes les galeries publiques ou privées de l'Italie centrale. Nous en avons relevé 6 aux Offices, 12 à Pitti, i8 chez le comte Corsini à Florence, 5 à l'Académie des Beaux-Arts de Lucques, etc. ^ Son chefd'œuvre est le portrait en buste de Galilée (fig. 94).

L'illustre astronome inspira l'artiste : son regard vivant et éloquent, son vaste front qui reçoit et renvoie la lumière, sa barbe inculte et presque blanche, son

I. Œuvres principales : Galilée (Offices), (fig. 94); le Prince de Danemark (Pitti) ; Jeune femme (Acad. des Beaux-Arts de Lucques); le Cardinal Léopold de Médicis {là.) ; le Cardinal Corsini (Coll. Corsini, Florence); Marie-Madeleine d'' Autriche (Id.), (fig. 95) ; Ferdinand II de Médicis {y\\.x.\)\ Vittoria délia Rovere (Id.) ; Puliciani et sa femme (Offices); le Peintre lui-même (ïd.); Spinola (Musée d'Edimbourg) ; V Archiduchesse Claudie (Musée de Vienne) ; le Sénat de Florence prêtant serment de fidélité à Ferdinand II enfant (Offices); la Madeleine (Id.).

JUSTE SUTTERMANS.

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rostume sévère, le clair-obscur enveloppant du fond, tout cela est rendu de main de maître, simplement

FI G. 94.. JUSTE SUTTERMANS.

Galilée. (Musée des Offices, à Florence. H. 0,58. L. 0,50.)

présenté, supérieurement peint, dessiné et modelé. A Lucques, il a un portrait de jeune femme, dont rien

» 3S8 DIX-SEPTIEML SIECLE.

ne peut décrire le charme pénétrant. Ce n^est pas exagérer le mérite de Suttermans de dire qu'après Rubens, Van Dyck et Corneille De Vos Técole flamande du xvn« siècle ne compte pas de meilleur portraitiste que lui.

Juste eut un frère, Jean, qui le rejoignit à Florence et raccompagna à Vienne, où il s''étabiit. Le Musée de cette dernière ville possède de lui une Tête de vieille^ d'une exécution fouillée et voulue, qui donne la plus haute idée de son talent.

Les Médicis, tout au moins le duc Mathias, protégèrent aussi LiÉviN Mehus d'Audenarde (1630-1691)*, qui fut élève de Pierre de Cortone et à la fois peintre d'histoire, de portraits et de paysages. Son Sacrifice d' Abraham (musée des Offices) est une page mouve-

/- mentée, d'une belle ordonnance, et son Portrait d}^^ d'homme (collection Corsini , à Florence) , un morceau emporté, expressif, d'un faire large et puissant.

Un concitoyen de Suttermans, Jean Miel (vers \5gg- 1664) % fut, lui, peintre du duc de Savoie Charles-Emmanuel, à Turin. Il s'adonna pli particulièrement à la peinture de genre, peut voir au Louvre, à l'Ermitage, au Prado, aux Offices, à Turin et ailleurs des paysages avec figures et animaux, des rendez-vous de 'chasse, des bergeries, des danses villageoises, petites scènes ingénieusement présentées et dont les personnages dénotent une observation intelligente des moeurs populaires. Après Sut-

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