‹ La peinture flamandeChapitre 136 sur 150 · PAUL VAN SOMER · texte numérisé non relu

PAUL VAN SOMER

îxécution. Il cite particulièrement les portraits de ord Bacon (collection Gowper),de lord etlady Arundel collection Norfolk). A Texposition de Manchester, Van 5omer avait neuf portraits, parmi lesquels, dit Burger, elui de la comtesse de Mandeville en toilette de maiée, œuvre tout à fait remarquable.

En 16 17, Partiste travaillait à Bruxelles; il termina a carrière à Amsterdam, sept ans plus tard.

Tous ces portraitistes flamands furent les véritables précurseurs de Técole anglaise, dont Van Dyck fut le grand initiateur, Reynolds (1723- 1792) etGainsborough (1727-1788) les premiers grands artistes. Les maîtres anglais ont reconnu ce qu'ils devaient au peintre de Charles !•'• et n'ont pas manqué de lui rendre hommage. « Nous irons tous au ciel, disait à son lit de mort Gainsborough à Reynolds, et Van Dyck sera de la partie^ ».

France. — Sous les règnes de Henri IV, de Louis XT II et de Louis XIV, Paris donna asile à une véritable colonie d'artistes flamands. Plusieurs d'entre eux contribuèrent, nous l'avons dit, à la fondation de l'Académie royale de France, en 1648. Nous avons déjà eu l'occasion de citer les noms de Pourbus, de Van Thulden, de De Mol, de Juste d'Egmont, de Boel,de Flémalle et de Genoels; il y faut ajouter encore : Jacques Fouc- QUiER (i58o?-i659?), paysagiste de talent, sorti de l'ate-

une suite d'articles en cours de publication dans The Athenœum, sous le titre : Private collections of England.

I. Ern. Chesneau : La Peinture anglaise. 1882, p. 41. {Bibl. de l'Enseignement des Beaux- Arts, Quanti n, éditeur.)

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lier de Rubens et que Louis XIII occupa à la décoration du Louvre; Nicaise Bernaerts (i 620-1 678), plus connu sous le nom de Nicasius, animalier de mérite, employé par les Gobelins et qui forma François Desportes, un des meilleurs peintres d^animaux que la France ait produits; Van BoECK,dit Van Boucle (P-iôjS), autre animalier, sorti de Técole de Snyders; enfin Louis FiNsoN, peintre d^histoire et portraitiste de talent, qui signait Finsonniiis belga bt^ugensis (vers i58o-i632?) et s^établit en Provence, où Ton voit ses œuvres principales^.

François Fourbus mort, la faveur royale se reporta sur un de ses compatriotes, Philippe de Champaigne (1602- 1674), qu^Anne d'Autriche nomma son peintre. Chacune des deux écoles française et flamande revendique cet artiste. Il appartient à toutes deux. En effet, quelques-unes de ses figures et surtout de ses portraits, par leur coloris corsé et leur large exécution, participent des caractères de Pécole flamande; d'autres, plus nombreux, par leur sentiment délicat, leur dessin correct, la sagesse de leur ordonnance, portent bien le cachet de l'école française contemporaine. A dix-neuf ans, Champaigne arriva à Paris et s'y lia avec le Poussin; cette liaison exerça sur sa manière la plus vive influence. Pressé de commandes par la cour, les ministres, les églises, les particuliers, il produisit énormément.. Il travailla notamment beaucoup pour Port-Royal et pour les membres de cette communauté célèbre :

I. De Ghennevières, Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux, t. II; Paris, i85o.

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Pascal, Jansenius, Arnauld d'Andilly, Saint-Cyran, avec qui il fut uni d'esprit et de cœur et dont il nous a conservé les traits.

La plus grande partie de ses œuvres est restée en France. Le Louvre possède de lui vingt-trois tableaux, parmi lesquels le Christ mort et le portrait de Richelieu, qui doivent compter parmi ses meilleurs ouvrages. Le musée de Bruxelles, sa ville natale, conserve un remarquable Saint Ambroise, qui révèle nettement l'origine flamande de son auteur. Philippe de Champaigne eut pour élève son neveu, Jean-Baptiste (i 63 i-i 68 1), qui suivit sa manière avec un talent modeste.

A Philippe de Champaigne succéda Adam-François

yvj^ Van der Meulen (i632-ap. 1693)^, Thistorio-

J W graphe des campagnes de Louis XIV. C'est

Colbert qui, sur les conseils de Lebrun, invita

l'artiste à venir s'établir à Paris Les premiers travaux

qu'il y exécuta furent des cartons pour les Gobelins;

puis, à partir de l'invasion des Pays-Bas espagnols

(1667) jusqu'à la prise de Charleroi (1693), la guerre

l'occupa presque constamment; il assista, le pinceau

à la main, à tous les faits d'armes célèbres : siège

de Lille (1667), prise de Dôle (1668), passage du

Rhin (1672), (fig. 96), prise de Maestricht (1673) et de

Dinant (1692), etc. Le Louvre et Versailles conservent

la plus notable fraction de son œuvre. Le musée de

Douai a un grand portrait équestre de Louis XIV. Van

I. Et non Antoine-François, comme on l'a dit jusqu'à présent. Voy. A. Jal : Dictionn. critique de biogr. et cVhist. Paris, 1867, p. 860; et Alph. Wauters : les Tapisseries bruxelloises, p. 25q.

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llr Meulen continua la tradition des bataillistes flariands et plus particulièrement de Snayers, son maître. Il s'attacha surtout à représenter les divers épisodes de la guerre de siège, que Louis XIV préférait. Son œuvre est précieux par Paîtrait des souvenirs historiques qui s y rattachent. Il mourut vers 1694. Son portrait nous a é.é transmis par la gravure de Pierre Van Schuppen. C'est une autre famille d'origine flamande que celle des Van Schuppen, peintres-graveurs. Pierre (i 623-1707), le père, élève de Nanteuil, fut successivement occupé par le prince Eugène de Savoie et Colbert; Jacques (1669-1 751), le fils, élève de Largillière, a des portraits à Vienne, à Turin, à Hambourg, à Amsterdam, etc. Après avoir passé la plus grande partie de sa vie à Paris, il fut appelé à Vienne, où il mourut avec le titre de peintre de la cour et de directeur de l'Académie.

Jacques Van Schuppen est le dernier des peintres flamands qui se soit fait un nom à la cour de France. L'heure de la décadence a sonné pour l'école nationale. Elle attendra plus de cent cinquante ans avant de pouvoir envoyer à l'étranger quelques nouveaux maîtres dignes d'elle et de son antique renommée.

Nota. Le tableau de la page suivante, forcément établi, dans certaines de ses parties, d'après des données insuffisantes, ne saurait être pris à la lettre. Mais, en dépit de ses inévitables inexactitudes, ses chiffres, par ieur ensemble, disent plus éloquemment que ne pourraient le faire bien des phrases l'étonnante fécondité des maîtres flamands d'autrefois.

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