GERARD DAVID
i523)^ ne sont connus que depuis peu. L'histoire en est redevable à M. James Weale ^.
De Oudewater, petite ville de la Hollande méridionale, où il naquit vers 1460, David vint se fixer à Bruges et y apprit son art. En 1483, il fut reçu francmaître de la corporation de Saint-Luc, et, en i5oi, revêtu de la dignité de doyen. Il fut également affilié à la gilde des enlumineurs de Bruges et à celle des peintres d'Anvers. Ces diverses inscriptions font supposer un homme actit^ un artiste universellement estimé. Quant aux ouvrages de sa main, ils sont restés longtemps confondus dans l'œuvre de Memling ; on n'en peut faire un plus bel éloge. Dans le triptyque du Baptême du Christ (Acad. de Bruges), Gérard se montre surtout paysagiste de premier ordre, observateur délicat de la nature pittoresque; dans la Vierge entourée de saintes du musée de Rouen, il donne aux visages féminins une douceur pleine de grâce et de mélancolie; enfin dans le grand triptyque du palais municipal de Gênes, représentant la Vierge et V Enfant entre saint Benoit et saint Jérôme, il se révèle magnifique coloriste et interprète plein de caractère ^.
1. Œuvres PRINCIPALES. Rouen: La Vierge entourée de saintes (Musée). — Bruges": Le Baptême du Christ (Académie des Beaux- Arts). — Gênes : La Vierge entre les saints Jérôme et Benoît
I (Palais municipal). — Londres : Un chanoine et ses patrons (National Gallery).
2. Gérard David, do^ns Le Beffroi ; Bruges, 1863-1870, t. I", p. 224; — t. II, p. 288; — t. III, p. 334.
3. Ernst Forster : Gérard David [Journal des Beaux-Arts, 1869, p. 53).
A côté de Gérard David doit se placer Joachim Pa- TiNiER (?-i524) 1, que Ton reporte généralement beaucoup trop loin dans le xvr siècle 2. L'habitude qu'avait cet artiste de présenter de petites figures dans des paysages de dimensions relativement grandes, fait qu'il est généralement considéré comme l'inventeur du paysage aux Pays-Bas. Il y a là une évidente exagération, car, avant lui, Jean Van Eyck, Van der Weyden, Bouts et Memling .avaient déjà admirablement interprété la nature agreste. Néanmoins. Patinier mérite largement l'éloge de « bon peintre de paysage » que lui décerne Albert Durer, dans le journal de son voyage aux Pays-Bas.
Il naquit vraisemblablement à Bouvignes ^, petite ville de Tancien Hainaut, située sur la Meuse^ en face de Dinant. Aucun biographe ne donne une date à sa naissance. Il se fixa à Anvers, fut reçu franc-maître en i5i5 et mourut en 1524.
Sa manière de composer et de peindre le paysage se rapproche beaucoup de celle de son contemporain, Gérard David. Le Baptême du Christ du musée impérial de Vienne, qui est signé en toutes lettres « Opus Joachim D[\z\\is\ Patinier », semble une copie réduite du tableau de David, qui est à Bruges. A Vienne encore, il a une petite et toute mignonne Fuite en Egypte, dans
1. Alex, Pinchart : Notes et additions à l'ouvrage de Crowe et Cavalcaselle : les Anciens peintres flamands, t. II, p. cclxxx.
2. Œuvres principales. Madrid : La Tentation de saint Antoine (Musée). —Vienne : Le Baptême du Christ (Musée). La fuite en Egypte (id.). — Anvers : La fuite en Egypte (Musée).
3. Guicciardini : Description de tout le Pais-Bas, Anvers, 1567, p. 137.
un site rocheux, d^une vérité et d^une fraîcheur d^aspect très rares, exécutée dans des tons gris d^une extrême délicatesse. La Tentation de saint Antoine (Madrid) est une œuvre originale, très détaillée et intéressanteparson vaste paysage d^abord, ensuite par son groupe de femmes, aux carnations fines, aux costumes élégants et gracieux. Dans d^autres ouvrages, tels, par exemple, que la Madeleine en prière (Coll. Somzée, à Bruxelles), on sent déjà rapproche de la Renaissance. Le Prado, la National Gallery et le musée de Vienne sont riches en ouvrages de sa main. L'œuvre de Patinier, mieux reconnue, fera une place plus haute à son auteur, qu'Albert Dtirer honora de son amitié, pendant le séjour qu'il fit à Anvers, en i52i.
Jérôme Bosch (vers i45o-i5i8)%conna pendant trois siècles sous le pseudonyme dont il signait ses tableaux
B(Jerominus Bosch), a retrouvé aujourd'hui, grâce à M. Pinchart^, son véritable nom de famille, qui est Van Aken. Ce surnom de Bosch, qu'il s'était donné, provient de Hertogen-Bosch, traduction flamande de Bois-le-Duc, ville de l'ancien Brabant, où le peintre naquit et résida pendant la plus grande partie de sa vie.
Cet artiste original fut le créateur d'un genre qui aura d'illustres continuateurs dans les Pierre Brueghel
1. Œuvres principales. Madrid : V Adoration des mages (Musée du Prado); Le Triomphe de la mort (id.). — Bruxelles : La Chute des réprouvés (Musée). — Vienne : Le Jugement dernier (Académie des Beaux-Arts).