‹ La peinture flamandeChapitre 38 sur 150 · LA GILDE DE SAINT-LUC D ANVERS ET QUENTIN METSYS · texte numérisé non relu

LA GILDE DE SAINT-LUC D ANVERS ET QUENTIN METSYS

La gilde de Saint-Luc d^Anvers^ prit naissance vers i382. La première mention d'un de ses affiliés-peintres est celle de Jean Bosschaerts, dont on trouve le nom dans les archives communales en 141 2. A ses débuts, la corporation comptait dans son sein, outre les peintres et les sculpteurs, les orfèvres, les verriers et les brodeurs. Plus tard, elle affilia la littérature aux arts et s'unit aux chambres de rhétorique, célèbres sous le nom de Violire (la violette), Goudbloemen (la fleur d'or) et Olyftack (la branche d'olivier). Sa devise était : Wt jonsten versaemt (Unis par inclination), et elle tenait ses réunions dans le superbe local du Serment de la vieille Arbalète (Grand'Place).

Les registres de ses inscriptions ou procès-verbaux (Liggeren) nous sont parvenus presque complets, à partir de l'année 1453, et nous fournissent, jusqu'en 1736, les noms de tous les affiliés, maîtres et apprentis. Peu de documents présentent, pour l'histoire de l'art, une

I. J.-B. Van der Straeten : Jaerboek der gilde van Sint Lucas, Anvers, i855.

QUENTIN METSYS. loi

importance plus grande ^ Le premier nom qu^enregistrent les Liggeren est celui de Willem Decuyper, peintre-enlumineur de statues; la même année nous fournit celui de Jean Snellaert, qui devint doyen et peintre de la duchesse Marie de Bourgogne. Puis après une foule de noms aujourd"'hui complètement inconnus,

I «apparaît tout à coup, en 149 1, celui de Quentin Metsys^, Louvain et Anvers se sont disputé pendant de longues nnées Phonneur d^avoir vu naître Tartiste illustre qui clôture si brillamment la série des maîtres gothiques, hn même temps qu'il ouvre la liste glorieuse des grands peintres de Pécole d'Anvers ^ La palme est restée à Louvain. Metsys y naquit en 1466*. Son père, habile ferron- Hfeier, apprit à son fils à façonner le fer et cette circon- ^■itance explique comment le jeune Quentin s'occupa de

^Hi I. Les Liggeren et autres archives historiques de la Gilde an- ^^^ersoise de Saint-Luc, traduits et annotés par Ph. Rombouts et ^■Fh. Van Lérius. Anvers, 1872, 2 vol. in 8".

^H| 2. On écrit aussi Matsys ou Massys. « Metsys » est la signature H^Qu triptyque du musée de Bruxelles.

3. F.-J. Van den Branden : Geschiedenis der antwerpsche schilderschool {Histoire de l'école de peinture d'Anvers), Anvers, 1878-83. — Toutes nos dates de naissance et de décès, con-' cernant les peintres anversois, ont été vérifiées sur cet important ouvrage qui, sous ce rapport, doit faire autorité. — Max Rooses : Geschiedenis der antwerpsche schilderschool, Gand, 1879. — Van Even : L'ancienne école de peinture de Louvain. Louvain, 1870, p. 3i5. — Voy. aussi le Catalogue du Musée d'Anvers.

4. 'OUVRES PRINCIPALES. Anvcrs : L'Ensevelissement du Christ (Musée). — Bruxelles : La légende de sainte Anne (Musée). — Madrid : Jésus, la Vierge et saint Jean (Prado). — Venise : Ecce Homo (Palais des doges). — Francfort : Portrait d'homme (Institut Stàdel). — Paris : Les Banquiers (Louvre). — Florence : Son portrait et celui de sa femme (Offices).

ferronnerie avant de devenir peintre. Il est Fauteur, notamment, de la grille si délicatement ouvragée qui surmonte le puits du parvis Notre-Dame à Anvers.

N KETSYS.

FIG. 22. (^UENTl

L'Enssvelissement du Christ. Panneau central. (Musée d'Anvers. H. 2,60. L. 2,07.)

Avant 1491, Tartiste quitta sa ville natale pour aller s'établir à Anvers, qui venait d'hériter du grand mouvement commercial de Bruges, et voyait naître Paube de sa prospérité. A cette date, nous trouvons le nom de Metsys inscrit sur les registres de la gilde anversoise

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