‹ La peinture flamandeChapitre 39 sur 150 · QUENTIN METSYS · texte numérisé non relu

QUENTIN METSYS

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de Saint-Luc. Les auteurs ont attribué son changement de profession, les uns à une aventure romanesque (qui ne subsiste plus aujourd^hj.ii qu^à l'état légendaire), les

FIG. 23. Q^UENTIN METSYS.

La décollation de saint Jean-Baptiste. — Le martyre de saint Jean l'Évangéliste, (Volets de l'Ensevelissement. — Musée d'Anvers. H. 2,60. L. 1,17.)

autres à une convalescence qui lui donna le loisir de manier le pinceau et la palette. Quoi qu'il en soit, Metsys prouva qu'il était né peintre, et quelques années lui suffirent pour devenir le plus renommé des artistes flamands de son temps. Les anciens biographes ajoutent

qu'il était, de plus, excellent musicien, et qu'il cultivait avec succès les lettres flamandes. Albert Durer lui rendit visite en i52i. Thomas Morus, Érasme et ^gidius furent ses amis, et nous savons qu'il peignit et grava, sur bois et sur métal, le portrait de l'auteur de V Eloge de la Folie ^.

Il serait intéressant de connaître quelques ouvrages de la première manière du peintre; mais, de cette époque, on ne possède rien de certain. Le catalogue daté prend l'artiste à quarante-deux ans et s'ouvre par les deux tableaux d'Anvers et de Bruxelles, VEnsevelissement du Christ^ exécuté, en i5o8, pour la corporation des menuisiers d'Anvers (fig. 22 et 23), q-xIol Légende de sainte Anne, peinte, en iSog, pour la confrérie de cette sainte, à Louvain. Ces deux grands triptyques comptent parmi, les chefs-d'œuvre de la peinture. Ils sont une date dans l'art flamand. Toutes les qualités du peintre s'y révèlent magnifiquement : mouvement de la scène, variété des attitudes, puissance d'expression, perspective aérienne du paysage, richesse et lumineuse intensité du coloris, science des glacis et des demiteintes. Le travail du pinceau y est plein de mystère; la pensée s'y montre profonde et émqe.

Malgré le fini de la touche, l'abondance des détails, la délicatesse des traits et le moelleux chatoyant des étoffes, l'ensemble est du plus saisissant effet, tendre et pénétrant dans la Légende de sainte Anne, dramatique et douloureux dans V Ensevelissement du Christ,

I. Henri Hymans : Quentin Metsys et son portrait d'Érasme. {Bull, des commissions d'art et d'archéologie. Bruxelles, 1877, p. 616.)

QUENTIN METSYS. • los

'est que Jvfetsys, le premier en Flandre, a compris que

FIG. 2+. Q^UENTIN METSYS.

Portrait. (Institut Stadel à Francfort. H. 0,69. L. 0,54.)

détails doivent être subordonnés à Penscmble, et a

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mis en pratique la grande loi de Tunité. Son style sort

quelquefois des formes gothiques; ses jolies vierges, sescharmantes saintes, d^une beauté subtile, captivante et rêveuse, sont déjà comme les promesses d'un art nouveau, moinsmysiique et plusmondain que celui deMemling; on sent qu'on est à une époque intermédiaire. Mais, en dépit de Tinfluence étrangère qui se pressent, Metsys reste Flamand autant qu'on peut l'être. Il est le créateur de l'école d'Anvers, le prophète de ses splendeurs, et il forme ainsi la transition glorieuse entre Van Eyck et Memling, qui ont disparu, et Rubens et Jordaens, qui vont venir.

Il excella aussi dans un genre que Pierre Cristus, soixante-dix ans auparavant, avait fait pressentir dans son Saint Eloi (1449). H peignit des scènes de mœurs profanes, des bourgeois dans leurs boutiques, des banquiers, despeseurs d'or. Les deux plus célèbres tableaux de ce genre sont ceux du Louvre et de Windsor. Enfin,

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