‹ La peinture flamandeChapitre 4 sur 150 · DE SAINT -GEORGE · texte numérisé non relu

DE SAINT -GEORGE

(Ancienne chapelle de Leugeniete, à Gand.)

la Biloque, la couleur y est rare : du rouge, du brun, du jaune et du blanc, à tons entiers; les expressions sont

I. F. De Vigne : Recherches historiques sur les costumes civils et militaires des gildes et des corporations de métiers. Go-nd, 1847.

nulles et les attitudes raides. Mais il y a déjà du pittoresque dans le groupement, de la vérité dans les mouvements, du caractère dans Parrangement des lances , piques , arbalètes et gœdendags^ qui se dressent audessus des rangs serrés de la milice communale.

Ces deux peintures, et d^autres moins importantes, révèlent, en Flandre, l'existence d'un art en germe dès le xni« siècle. De plus, elles démontrent à l'évidence que cet art est national, exclusivement flamand, n'ayant aucune attache avec l'art byzantin et symbolique dont le reste de l'Europe civilisée subit encore la puis-^ santé influence, influence que révèlent, à la même époque, en Allemagne, les peintures des anciennes cathédrales romanes, en Italie, les madones de Gimabue (1240-1302).

Précisément au moment où l'artiste fixait sur la muraille de la chapelle de Leugemete le souvenir des corporations gantoises, celles-ci venaient de conquérir leur souveraineté à la bataille des Eperons d'or (i3o2), et bientôt après, elles atteignaient l'apogée de leur puissance, sous Jacques Van Artevelde. La prospérité communale favorisa la constitution de nombreux corps de métiers et, entre autres, celles des gildes de peintres, d'imagiers, de verriers et d'orfèvres.

Les maîtres-ouvriers, en peinture de statues et de blasons; ceux qui ornent de figures de vierges ou de saints, de devises ou d'armoiries les bannières des confréries ou les pennons des chevaliers; qui peignent les harnais de joute pour les tournois; qui garnissent de verrières les fenêtres ogivales des églises et des chapelles ou qui

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