‹ La peinture flamandeChapitre 47 sur 150 · C. Dehaisnes : De l'Art chrétien en Flandre. Douai · texte numérisé non relu

C. Dehaisnes : De l'Art chrétien en Flandre. Douai

deur imposante de la composition, encadrée dans une ornementation architecturale de la plus somptueuse richesse, beauté du coloris, telles sont les qualités qui, malgré la mollesse de Texécution et Tabsence de tout caractère, font de cet important ouvrage, développé en neuf panneaux, une des œuvres typiques de cette époque de transition. Bellegambe a fait école dans sa propre famille: son fils Martin peignit en i534 et i55o; Jean, son petit-fils et d'autres artistes du même nom perpétuèrent ses traditions jusqu'au xviii" siècle.

, Tandis que Gossaert et Bellegambe faisaient dans leur peinture une large part au goût du jour, un artiste que Ton range généralement dans l'école hollandaise mais auquel son œuvre mieux reconnue nous autorise à donner une place dans ce volume, s'inspirait, lui, exclusivement du passé national.

Jean Mostert ( i474-i555-56)i doit être considéré comme le dernier des gothiques flamands. Jusqu'au milieu du xvi« siècle, il continua respectueusement et avec un talent immense les traditions des anciens, rappelant les lointains montagneux et bleuâtres de Jean Van Eyck, les superbes étoffes chamarrées d'or et de pierreries de Memling, la minutieuse exactitude du détail de Bouts, avec la force de la couleur et la gravité hiératique de tous.

I. Œuvres principales. Bruxelles : VAdoration des Mages (Musée).— Lûbeck: V Adoration des Mages (Église Notre-Dame). — Munich : La Présentation au Temple et la Fuite en Egypte (Pinacothèque). — Bruxelles : L'Adoration des Bergers (Vente Nieuwenhuys). — Anvers : Portraits (Musée). — Londres : La Vierge et l'Enfant (National Galleryj.

Il naquit à Haarlem, où il fit son éducation chez un certain Janssens, quitta les provinces du nord pour celles du sud, où il séjourna de longues années, puis s^en retourna achever sa carrière et mourir dans sa ville natale. Il était encore à Haarlem en i5oo; il y était de retour au moins en 1549^. Van Mander — qui devait être exactement renseigné, puisqu'il s'établit à Haarlem vingt-cinq ans à peine après le décès de Mostert — nous apprend que Marguerite d'Autriche, captivée non moins par l'esprit cultivé et le caractère de l'homme que par le talent de l'artiste, le nomma peintre de la cour et lui conféra, en outre, le titre de gentilhomme de sa maison 2. Le même historien ajoute qu'il resta dix-huit ans au service de la princesse, et qu'il fit les portraits de la plupart des personnages de la cour.

Aucun de ses tableaux n'a l'authenticité que donne une signature ou un document; aussi la plus grande fantaisie ne cesse-t-elle de régner dans les attributions. Pour la première fois, nous lui restituons ici un chef-d'œuvre bien connu : l'admirable Adoration des Mages (fig. 27) , que le catalogue du musée de Bruxelles attribue à Jean Van Eyck, et que quelques connaisseurs donnent à Gérard David. Deux particularités caractérisent ce précieux tableau et se retrouvent dans d'autres, qui sont à Anvers, à Munich, à Lubeck : le ton roussâtre de certaines carnations et la brillante exécution du paysage, « fini dans la dernière perfection^), ainsi que s'exprime, à propos d'un autre ta-

1. Van der Willigen : Les Artistes de Haarlem, 1870, p. 54 et 228.

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