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LES PEINTRES NATIONAUX

Uitalianisme ne pénétra pas dans les ateliers flamands sans combat, ni sans bien des discussions. Dans le pays entier il est aisé de suivre les péripéties de la lutte et de montrer, avant les romanistes purs ^ qui firent définitivement triompher les principes nouveaux, les nationaux troublés et hésitants, qui s'efforcent de résister à l'envahissement de la mode étrangère et de demeurer fidèles aux traditions nationales.

Bruges. — Pierre Fourbus ^ (i5io?-i583) est le dernier des grands peintres de l'école de Bruges. Il tient dans cette ville le premier rang parmi les artistes de son temps et mérite de compter au nombre des meilleurs portraitistes flamands du xvp siècle. On croit qu'il vit le jour à Gouda, en Hollande, on ne sait

1. Les confréries de romanistes se composaient de personnes ayant fait le voyage de Rome. Celle d'Anvers, établie en 1572, subsista jusqu'en 1785.

2. Kervyn de Volkaersbeke : Les Fourbus. (Messager des Sciences, 1870, p. i.)

exactement en quelle année. En 040, sa présence est constatée à Bruges, parmi les membres du Vieux- Serment des arbalétriers de Saint-Georges, et, en i543, il est reçu franc-maître à Saint-Luc. Son pinceau paraît avoir été exclusiveinent voué à sa ville d'adoption; elle conserve encore, la majeure partie de son œuvre, à TAcadémie, à Saint-Sauveur, à Saint-Jacques, à Notre- Dame et dans quelques établissements de bienfaisance. Pourbus fut employé par le Magistrat et par le Franc, non seulement pour Pexécution de peintures ^ mais aussi pour Torganisation de fêtes publiques et de réjouissances populaires.

Comme son beau-père, le peintre Lancelot Blondeel, il fut quelque peu architecte, ingénieur et aussi topographe : en i562, il dressa, en cette dernière qualité, pour les échevins du Franc, une grande carte pittoresque de Bruges et de ses environs, où les plus petits détails étaient indiqués avec une exactitude toute gothique. Pour tout dire, Pourbus était de la race de ces vaillants artistes du xvi* siècle dont la libre intelligence s'ouvrait à toutes les conceptions et dont la main savante était capable des plus minutieux comme des plus importants travaux. Lorsque Tartiste mourut, en i583, la ville de Bruges, reconnaissante du lustre qu'il avait jeté sur la cité et des services qu'il lui avait rendus, accorda une pension à sa veuve.

C'est dans ses portraits, plutôt que dans ses sujets religieux, qu'il faut étudier ce maître. Il en a deux à l'Académie de Bruges — celui d'un homme et celui d'une femme, datés de i55i — qui sont des chefsd'œuvre d'arrangement sévère et simple , de physiono-

mîe ramuiêrê, de réalité intime et d^émouvante gravité.

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