‹ La peinture flamandeChapitre 50 sur 150 · FIG. 28, PIERRE FOURBUS · texte numérisé non relu

FIG. 28, PIERRE FOURBUS

Portrait de Clément Marot. (Cab. Liouville, à Paris.)

Pierre Fourbus eut un fils, François (i545-i58i),

ija

qui hérita des qualités de son père, sans avoir son caractère d^austérité. Comme lui, il fut un interprète exact et sincère de la figure humaine. Un portrait d'homme qui est dans la Galerie impériale de Vienne (i568), un autre qui est au musée de Bruxelles (1564), celui de Viglius, qui orne un des volets du triptyque de Jésus parmi les docteurs, à Téglise Saint-Bavon , à Gand (iSyi], sont des figures d'un caractère individuel et précis, d'une exécution habile et sage. François le Vieux eut à son tour un fils, François le Jeune, que nous retrouverons au siècle suivant, à la cour de France, ajoutant un talent de plus à la gloire de la famille.

A la même époque que les Fourbus vivaient, à Bruges, les Claeis ou Claessens.

Pierre Claeis (I) le Vieux,

Antoine, Gilles, Pierre (II) le Jeune,

fi6i3, fiûo/, fi(îi2,

Histoire et portrait. Peintre d'Alex. Farnèse. Peintre de la ville.

Pierre-Antoine, Pierre (III),

-i-1608. fiôaj.

Le plus justement réputé des membres de cette famille fut Pierre (II), le Jeune. Son œuvre principale est un triptyque : Notre-Dame de l'arbre sec, à l'église Saint-Gilles, à Bruges. C'est lui aussi qui copia pour les échevins, d'après l'original du vieux Fourbus, le grand tableau-carte qui se voit encore à l'hôtel de ville et qui représente, à vol d'oiseau et avec une curieuse fidélité, le pays du Franc de Bruges.

"èrs.—'A Anvers, Quentin Metsys mort, la

jeune école resta sans maître. Quelques imitateurs assez

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obscurs de sa manière occupent de leur nom le livre des Lig-geren, en attendant l'arrivée des apôtres de Pécole nouvelle, qui étudient en ce moment la nature flamande devant les marbres antiques de Florence et de Rome, les fresques de Raphaël et de Michel-Ange.

Jean Sanders, dit Van Hemessen (vers i5oo,-]-i555- 56), du nom de son village natal, est le plus connu des continuateurs de Metsys ^. Ses types sont violents, son dessin exagéré et sauvage; son coloris abonde en tons bruns et durs, mais sa naïve énergie ressemble à de Toriginalité. Ses meilleurs tableaux — des Saint Jérômej des Etifant prodigue ou des Vocation de saint Mathieu — sont à Munich et à Vienne.

Marinus de Romerswalen (vers i5oo-i56o)2 s^assimila davantage encore le style et les sujets de Metsys. On voit de ses Banquiers, Changeurs ou Procureurs. reconnaissables à leur énorme chaperon en peluche rouge, dans les collections de Madrid (tig. 29), Londres, Munich, Anvers, Valenciennes, Dresde, Nantes, Copenhague et Naples. Ses œuvres signées vont de i52r à i56o.

Après Van Hemessen et Marinus, nous mentionnerons encore, de cette époque, un certain nombre de peintres anversois de moindre renommée, dont on rencontre, de loin en loin, quelque tableau intéressant. Les uns, comme les frères Mathieu et Jérôme Cock (i55o), peignirent le paysage; les autres, comme le père

r. A. Pinchart : Voyage artistique en France et en Belgique en 1 8 6 5 . {Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie, 1868, p. 226.) . 2.. Journal des Beaux-Arts, i863, p. 126.

JOSSE VAN CLEVE. 13S

et le fils Jacques (i526?-i59o) et Abel Grimer, les frères Fjia.nçois et * Gilles Mostert ( i 5 5o), trai- j.^ ' ^ tèrent plus spécialement les petits intérieurs l •«*• mi-religieux, mi-profanes; d'autres encore, ^*^ . tels que Pierre Huys (iS/i), Beuckelaer (i53o ?-i573?) 3t G. Molenaer (1540?- 1589 ?), affectionnèrent de préférence les scènes familières et paysannes : kermesses, j^barets, marchés, cuisines ou natures mortes. A en juger par son Pourvoyeur du musée de Lille, JoACHiM Beuckelaer fut un des plus puissants coloristes de son temps et un exécutant de premier ordre. La galerie de Stockholm possède de sa main cinq grands Marchés signés et datés de i56i à iSyo.

Enfin, à cette époque également, prospérait la grande et indéchiffrable famille artistique des Van Clève, dont nous trouvons à Anvers plus de vingt représentants ^ Le seul célèbre d'entre eux est Pexcelcellent portraitiste Josse, surnommé le Fou (avant 149 1 '\ 1540) ^ Son style sobre, son dessin concis et savant, son coloris aux tonalités lumineuses et son exécution rappellent Antoine Mor, son contemporain, et même Holbein, le maître sincère par excellence. D'après Vasari, il visita l'Espagne. Il travailla également en Angleterre, où l'on conserve, à Windsor et à Oxford, plusieurs de ses portraits, qui placent haut ce prétendu/bw ^. Il peignit aussi des Vierges entou-

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