‹ La peinture flamandeChapitre 56 sur 150 · BERNARD VAN ORLEY ET LES ROMANISTES A BRUXELLES ET A MALINES · texte numérisé non relu

BERNARD VAN ORLEY ET LES ROMANISTES A BRUXELLES ET A MALINES

Cest une importante famille d^artistes que celle des Van Orley, qui furent peintres à Bruxelles pendant les XVI', xvii" et xviii* siècles. Elle paraît descendre des puissants seigneurs d^Orley, justiciers de Luxembourg, qui s'attachèrent à la cour des ducs de Bourgogne ^

1^66 -|-av. 1532.

Philippe, Bernard, Evrard, Gomar,

Viv. 1506-1556. vers 1490-1-1542. Viv.1504. Viv.1533.

Michel, Jérôme, Gilles, Nicolas,

Viv. 1590. Viv. 1 567-1602, Viv.i533-5î. Viv. 1559-^9. ?

J ÉrOM E .

JÉRÔME, ' Pierre, François, Richard(I),

Viv. 1652. Vers 1680 fap. 1708. ? ?

<^ - -, j^ Richard (II), Jean, *A/.V. U. 1(552? -{-,732? 1656 f?

I. Alphonse Wauters : Bernard van Orley, sa famille et son œuvre. Bruxelles, 1881.

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FIG. 32. BERNARD VAN O R t E Y.

La Descente de Croix. (Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg, H. 1,41. L. 0,70).

Bernard Van Orley (1490 ?-i 542) * quitta de bonne heure Bruxelles, sa ville natale, pour Pltalie, où il alla se former à Pécole de Raphaël, qui distingua, .^jrrs paraît-il, le jeune artiste flamand parmi ses /oV élèves. De retour aux Pays-Bas, le peintre fut chargé par le pape Léon X de surveiller chez Pierre Van Aelst, à Bruxelles, Texécution des célèbres tapisseries du Vatican, les Actes des Apôtres, dont le maître d^Urbin avait donné les dessins. C^était vers i5i5. En ce moment, le métier des tapissiers bruxellois avait atteint son plus haut degré de splendeur et ses produits, une réputation européenne. Plus d^une fois, à l'exemple de Raphaël, Van Orley mit son talent au service des hauts-liceurs. Les plus fameuses des tentures exécutées d'après ses cartons sont les Chasses de Maximilien, exposées au Louvre, et la Vie d^Abrah^ n conservée à Hampton-Court. Il travailla aussi pour les verriers : les admirables vitraux où Ton voit Charles-Quint et sa sœur Marie de Hongrie, dans Téglise Sainte-Gudule, à Bruxelles, ont été fabriqués d'après les dessins que conserve le musée de Bruxelles. En i5i8, Van Orley obtint le titre de peintre de la cour et les gouvernantes ne cessèrent de l'occuper, en lui demandant,

1. Œuvres principales : Lûbeck : La Trinité adorée par des Saints (Dôme). — Anvers : Le Jugement dernier (Église Saint- Jacques). — Saint-Pétersbourg: La Descente de croix (Ermitage). — Bruxelles : Pieta (Musée); Les Epreuves de Job (id.). — Vienne : La Pentecôte et Antiochus au temple de Jérusalem (Musée). — Munich : Saint Norbert (Pinacothèque). — M. Schlie, conservateur du musée de Schwérin, tient pour une œuvre de la première manière du peintre les six magnifiques volets du retable sculpté par Borman de Bruxelles (Église de Gustrow).

MICHEL COXIE. 1+7

soit des tableaux religieux, soit des portraits officiels. Sa peinture s^inspire fortement des maîtres italiens, mais elle ne les copie pas. Sa couleur reste flamande, le tempérament national subsiste, malgré Téducation étrangère. Dans quelques tableaux de sa deuxième manière, par exemple dans les Epreuves de Job (Musée de Bruxelles), i52i, le dessin est tourmenté, les ;igures gesticulent follement et prennent des expressions exagérées, d'un goût douteux. Par contre, dans d'autres de la dernière période de sa carrière, notamment dans le Jugement dernier (église Saint-Jacques, à Anvers), peint vers 1540 pour Téchevin Rockox, il est plus tranquille et se révèle magnifique praticien en même temps que réformateur hardi. Avec Gossaert, il est le premier dans Pécole 'qui osa substituer aux modestes patronnes mystiquement encapuchonnées de l'école gothique, les saintes aux mythologiques nudités plantureusement étalées. Son talent est inégal; il se reconnaît néanmoins à nous ne savons quelle originalité qui s'impose. Parmi les nombreux élèves que la renommée attira dans son atelier, il en est deux qui marquent : Michel Coxie et Pierre Coucke.

A l'exemple de son maître, Michel Coxie ( 1499- 1592) 1 s'enthousiasma pour l'auteur de la Transfiguration et s'ingénia tellement à le copier, qu'il en reçut le surnom de Raphaël flamand. De retour aux Pays- Bas, après un assez long séjour à Rome, il se fixa à Malinés, sa ville natale.

I. Emm. Neefs : Histoire de la peinture et de la sculpture à Matines. Gand, 1876, t. I", p. 143.

La ville de Malines, où Marguerite d^ Autriche, cette zéle'e protectrice des arts et des lettres, avait établi sa cour, était à cette époque un centre artistique des plus importants. On y comptait plus de cent cinquante peintres et dessinateurs, parmi lesquels, outre les Coxie, les frères Valkenborgh, paysagistes et peintres de genre, x->Ty et les frères Bol, père et oncles du peintre de t IJ paysanneries, Hans Bols [fecit] (1534-1Ô93). Elle avait des sculpteurs du plus grand mérite, comme Conrad Meyt et Alexandre Colin ; des architectes tels que Keldermans. Enfin la principale industrie d'art locale, celle des dentelles, relevait des compagnons de Saint-Luc et avait acquis une renommée européenne.

Coxie ne tarda pas à être distingué par Marie de Hongrie, qui avait remplacé Marguerite d'Autriche au gouvernement des Pays-Pas, et Philippe II Payant nommé son peintre, lui fit exécuter de nombreux travaux. Raphaël a transformé à un tel point son admirateur, que plus rien de flamand ne se révèle dans l'œuvre de celui-ci : le décor est romain, les draperies empruntent à Raphaël leurs laques, leurs verts et leurs bleus glacés; il n'y a pas jusqu'aux types, souvent choisis avec goût, qui ne soient italiens. La Cène du musée de Bruxelles, œuvre froide mais habilement composée, paraît avoir été faite à Rome, non aux Pays-Bas. Le Martyre de saint Sébastien du musée d'Anvers a de la grandeur et des nus bien dessinés.

Le fils de Coxie, qui, en l'honneur de l'auteur des Loges, 3iN3i\X reçu le glorieux prénom de Raphaël (1540-1616), fut, comme son père, peintre d'histoire et de sujets religieux et le maître de Crayer. Son Juge-

PIERRE COUCKE.

nent dernier, grand et laid tableau du musée de Gand, appartient à Te'cole des faiseurs de muscles de la suite de Michel-Ange.

Le père et le fils Coxie ne furent pas les seules pein- ;res de ce nom. La descendance de cette famille d'ar- :istes se perpe'tua, à Malines, jusqu'au commencement du xvni"^ siècle.

Michel Coxie (II).

GUILLAUM E;

f iS<-7.

Raphaël, 1S40 f 1616.

Michel (III), •f 1616.

Michel (IV),

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