FRANS FLORIS
^Pf Anvers, un immense succès et valurent à leur auteur h faveur publique, la protection de la cour et des nobles.
La Chute des Anges rebelles (Musée dVAnvers) est I2 chef-d'œuvre de Floris, qui y fait preuve d'une imaeination bizarre, lointaine réminiscence des folies diaboliques de Jérôme Bosch. La composition en est riouvementée, le dessin savant, les attitudes exagérées cans leurs contorsions, mais agréablement balancées, hs têtes bien étudiées, Pexécution facile, souvent faite librement, en frottis. D'autres tableaux, tels que les Adam et Eve des musées de Vienne et des Oftices, sont de remarquables académies à Tita- h4l . lienne. Il est resté plus flamand dans les quelques portraits que Ton a de lui; celui du musée de Brunsw^ick, appelé V Homme à la manche rouge et qui nous montre un fauconnier, est célèbre.
L'influence de Floris fut fatale. Son rapide succès et sa fortune achevèrent d'entraîner et d'égarer l'école vers le style italien, si peu compatible avec les instincts nationaux. Son enseignement fit naître une génération nouvelle d'artistes hybrides, qui ne furent, la plupart, que d'impuissants imitateurs, et qui achevèrent, à Anvers comme à Bruxelles, de corrompre le goût public. On porte jusqu'à cent vingt, et même davantage,
^le nombre des élèves qui fréquentèrent son atelier.
^|l Vingt-neuf sont cités par Van Mander,
C/ !5y¥- JD parmi lesquels Martin de Vos, le plus célèbre de tous, Lucas de Heere, Crispin Van den Broeck* (1524-1588-90), Martin et Henri Van Clève, François Fourbus et les deux frères Ambroise
ija SEIZIÈME SIECLE.
et Jérôme Francken , de cette interminable famille Francken dont aucun membre n^arriva à la célébrité, en dépit de leur nombre.
Les grandes familles artistiques sont une des caractéristiques les plus curieuses de Técole flamande. A Bruges, à Anvers, à Bruxelles, à Malines, un individu n'a pas plus tôt saisi le pinceau ou le ciseau, le burin ou le compas, qu'aussitôt l'art tourne la tête à tout ce qui l'entoure, s'empare des frères et des fils, voire même des femmes et des filles, et voilà plusieurs générations qui se transmettent les outils illustrés par le talent du chef.
Nous avons eu déjà les Van Eyck, les Van der Weyden, les Bouts, les Metsys, les Fourbus, les Claeis, les Van Clève, les Van Orley, les Coninxloo, les Coxie et les Floris; nous aurons plus tard — pour ne citer que quelques noms — les Brueghel, les Valkenborgh, les Key, les Teniers,les De Vos, les Franchoys, les Van Kessel, les Peeters, les VanBredael; voici présentement les Francken, qui ne le cèdent à aucune autre lignée quant au nombre et, ajoutons-le, quant à la confusion de leur arbre généalogique.
Le premier en nom des trente Franck ou Francken^ qu'enregistrent les Liggeren de Saint-Luc est Nicolas le Vieux, né à Herenthals (Campine), vers i52o. Ses trois fils sont également surnommés les Vieux, pour les •frr-» distinguer des Jeunes du siècle suivant. Le plus A •«■ i célèbre des trois est Jérôme, l'aîné, qui fut peintre
I. Voy. les notices publiées par M. Van Lerius dans le Catalogue du musée d'Anvers, par M. Siret dans la Biographie nationale, t. VII, col. 240 et suiv., et par M. Van den Branden dans Geschiedenis, etc., p. 336, 614 et 978.
LES FRANCKEN.
d'histoire et portraitiste du roi de France Henri III. Le musée d'Anvers possède de nombreux spécimens de a manière d'AMBROisE : la Cène et le Martyre des saints Crépin et Crépinien sont des tableaux où le ^4 talent ne manque assurément pas , mais qui zV^ îéanmoins ne parviennent pas à émouvoir. La ^^ ^ )ersonnalitéde François est plus effacée.
Les trois frères continuèrent la méthode interméiiaire et la coloration froide de Pécole de Floris, mêlant, ians une très inégale mesure, le goût italien et le génie lamand. A leur tour ils firent souche d'artistes et pré- )arèrent aux historiens et aux rédacteurs de catalogues ;t de dictionnaires un travail de patience et de recherches lont l'essai généalogique suivant ne donnera qu'une ointaine idée.
Nicolas Franck ou Francken,
1520? -j-iS9<5.