‹ La peinture flamandeChapitre 65 sur 150 · LUCAS DE HEERE · texte numérisé non relu

LUCAS DE HEERE

C'est par le portrait principalement que le génie national a protesté contre l'envahissement de Titalianisme, pendant toute la période qui s'écoula entre la mort de Metsys et la venue de Rubens. « Placés sur le solide terrain de la réalité, ennemis de tout mensonge, systématiquement hostile aux séductions de l'idéal, les portraitistes jouèrent en Flandre, pendant tout le xvi« siècle, un rôle semblable à celui que Hans Holbein, leur maître inconscient, remplit en Suisse et en Angleterre. Ils n'eurent pas moins que lui le respect des physionomies individuelles, le culte de la ressemblance intime, la forte notion de la vie intérieure. Dans leurs portraits de magistrats communaux, d'hommes d'Église, de bourgeois ou de chefs de gildes, il y a une vitalité concentrée, une conviction familièrement héroïque, une profondeur de caractère qui révèlent à la fois l'individu et la catégorie sociale à laquelle il appartient. Le portrait ainsi compris est au niveau de l'histoire. ^ »

Mais le danger de l'influence étrangère devenant

plus pressant, l'esprit national protesta avec plus de

.vigueur encore, en appelant à son aide l'art populaire,

la peinture des bonnes gens. Et sur la scène, à Anvers

d'abord, à Bruxelles ensuite, parut Pierre Brueghel.

I. Paul Mantz : Introduction à l'histoire des peintres de l'école flamande, p. 6. {Histoire des peintres de toutes les écoles. Paris, 18G4.)

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