JEHAN DE BRUGES
Charles V recevant l'hommage d'un manuscrit. (Miniature du musée Westreenlanum à La Haye,)
2rt TREIZIÈME ET QUATORZIEME SIECLES.
grâce aux ouvrages de sa main qui nous ont été conservés. Cet artiste, auquel de récentes découvertes tendent à faire une place d^honneur à la tête de Técole, est désigné, dans les pièces du temps, tantôt sous le nom de « Hennequin de Bruges^ peintre du Roy, » tantôt sous celui de « Jehan de Bruges^ peintre et varlet de chambre de monseigneur le rojy Charles V ».
On n^a jusqu'ici aucun détail sur sa vie. On sait seulement qu'il florissait en 1372-77. C'est de sa main que sont exécutées les miniatures qui ornent une Bible historiée, conservée au musée Westreenianum de La Haye, et qui porte la date de 1372. On y voit, entre autres enluminures, le roi Charles V recevant un manuscrit des mains du donateur agenouillé ( fîg. 2). « Le portrait du roi est un chef-d'œuvre de finesse, dit M. Louis Gonse, et de cette époque je n'en sais pas qui l'égale... Ce qui frappe, même au premier regard, c'est l'individualisme extrême et tout moderne de cette figure. ^ »
En 1376, c'est ce même Jehan de Bruges que nous voyons chargé par le duc d'Anjou, frère du roi, d'un travail considérable : la composition des cartons pour les fameuses tapisseries de l'Apocalypse, que conserve, du moins en partie, la cathédrale d'Angers ^. Cette magnifique tenture est divisée en sept pièces, mesurant ensemble de 140 à i5o mètres de long sur 3 mètres de haut. Elle présentait quatre-vingt-dix tableaux, dont soixante-neuf demeurent entiers. Chaque pièce est com-