‹ La peinture flamandeChapitre 9 sur 150 · ANDRÉ BEAUNEVEU · texte numérisé non relu

ANDRÉ BEAUNEVEU

■ André Beauneveu fut le contemporain de Jehan de feruges. Il fut non seulement peintre et enlumineur, mais il fut aussi sculpteur du plus grand mérite. « N'a-

ipvoit pour lors, dit Froissart en l'an iBgo, meilleur ai le pareil en nulles terres, ni de qui tant de bons ourraiges fuissent demeurés en France ou en Haynnau, iont il estoit de nation, ni au royaulme d'Angleterre. » ; Il ne subsiste plus rien des peintures qu'il exécuta, în 1374, pour la chambre de la halle des jurés à Vaenciennes, sa ville natale, ni des « imaiges et pain- :ures )) dont il décora, en iSqo, le château du duc de 5erry, à Meun-sur-Yèvre. On n'a plus de lui que quelques fragments de tombes royales à Saint-Denis, un ivre d'heures à la Bibliothèque nationale de Paris et - une grande miniature en grisaille à celle de Bruxelles. Nul doute que ces éminents artistes flamands, maîtres des œuvres de taille et de peinture des rois de France et des ducs d'Anjou, de Berry et d'Orléans, n'aient exercé une influence prépondérante sur la naissance de la première école de peinture française, dont on a si souvent constaté la parenté avec celle des Van Eyck. C'est en 1391 que la corporation des peintres et sculpteurs de Paris se constitua d'une façon indépendante, et c'est en 1415 que naquit son premier artiste célèbre, Jehan Fouquet, dont le Louvre possède les beaux portraits du roi Charles VII (n° 653) et de son chancelier Juvénal des Ursins (n° 652).

Tandis que le roi de France avait pour peintre Jehan de Bruges, Jehan de Hasselt occupait le même emploi près de Louis de Maie, comte de Flandre.

On peut voir dans Féglise Notre-Dame, à Courtrai, quelques vestiges de peintures murales en détrempe *, dont plusieurs sont probablement de sa main. Ce sont les portraits en pied et de grandeur naturelle de Louis de Maie et des comtes de Flandre ses prédécesseurs. Ils ornent la chapelle que le prince avait fait ériger en i SjS, pour y placer un tombeau monumental, dont Texécution avait été confiée à André Beauneveu. Un document prouve que le peintre et le sculpteur se rencontrèrent à Courtrai, en Tannée 1374, pour le service du duc^ Lorsqu^à la mort de Louis de Maie, en i384, le duc de Bourgogne, son gendre, devint par héritage comte de Flandre et d'Artois, Jehan de Hasselt demeura peintre de la cour; on sait que Philippe le Hardi lui fit peindre un tableau d'autel pour l'église des Cordeliers, à Gand, en i3S6K

Après cette date, son nom est remplacé dans les comptes par celui de Melchior Broederlam, qui a le titre de « peintre de M^"" le duc de Bourgogne «. On croit Broederlam originaire d'Ypres, où sa présence est constatée dans les registres de i383 à 1409; il y exécuta différents travaux *. Une seule œuvre nous transmet la preuve de son talent; elle est au musée de Dijon. Il peignit, en 1398, pour la Chartreuse, que venait de fonder en cette ville Philippe le Hardi, les volets de

1. Ed. de Busscher : Recherches sur les peintres gantois, 1859, p. 47.

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