‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 104 sur 273 · Nouv. Arcli. de l'Art franc., iS?^, p. loS · texte numérisé non relu

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2. Audran ne semble pas avoir été le seul peintre qui ait occupé une place de cet ordre (équivalant à celle de capitaine de château. Voy. de Boislisle, Saint- Simon, t. VI, p. 36 1, note 4). Il y avait à Fontainebleau, place du Ferrare, en face de la cour du Cheval-Blanc, un hôtel, l'hôtel du Ferrare, dépendance du château, dont le titre de concierge appartenait à une famille de peintres : les Vernansal, originaires de Fontainebleau. On trouve trace de cette famille dans des actes d'état civil dès le xvi* siècle. Nous n'avons pas de document indiscutable prouvant que Guy-Louis \'ernansal, le membre de la famille qui vécut entre 1690 et 1721, ait occupé la charge de concierge; cela est probable cependant, car il est signaléen 1686, après l'incendie d'une partie du château, parmi les artistes occupés à réparer les peintures endommagées. (Voy. Bulletin du comité de la langue, de l'histoire et des arts de la France, i855, t. II, p. 266.)

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ortunc et qui sçaclie dire du bien de nous en temps et lieu ». Pline le Jeune n'a-t-il pas écrit déjà, que pour que <?, la vertu paraisse... il faut... une personne qui nous aide de sa faveur, qui nous protège et nous sei-ve de Mœcenas »*. Les nobles, les bourgeois riches s'efforcent de jouer ce rôle ; l'Anglais Lister écrit dans la relation de son voyage à Paris (1698) : « Quiconque peut ménager quelque chose veut un tableau ou quelque sculpture du meilleur artiste ' ». Malheureusement les Mécènes imposent leur goût aux peintres et ce goût n'est pas toujours très délicat. De tous les contemporains Caylus est seul à le remarquer; il juge d'ailleurs le mal irrémédiable. « Ceux qui font travailler les gens d'art, soit les princes, soit les gens opulents, doivent avoir le choix et la voix sur les ouvrages qu'ils proposent. C'est bien le moins. Mais quelque juste et quelque naturelle que soit cette décision, elle a souvent gâté de très belles dispositions et contraint le génie et l'exécution des auteurs\ » On ne citerait pas deux amateurs aussi éclairés, aussi libéraux que M. Berger qui demanda à Fr. Le Moyne, en 1722, un tableau représentant Tancrcde rendant les armes à Clorinde « et lui fit des propositions qui étaient aussi tlatteuses que nouvelles de la part d'un particulier. Ces propositions furent de donner à M. I-e Moyne, chaque mois qu'il emploierait à cet ouvrage, une somme qui le mît en état de subvenir à toutes ses dépenses, une liberté entière d'y passer le temps qu'il jugerait nécessaire, enfin une gratification proportionnelle au mérite du tableau quand il serait terminé* ».

Nous n'avons pas, sur les relations des grands et des artistes, de documents aussi précis, aussi complets que les Comptes des Bâtiments du Roi : nous les connaissons assez bien, cependant, grâce aux biographies de peintres et aux descriptions de Paris par Sauvai, Brice, Piganiol et d'Argenville. Desportes travaille tour à tour au château d'Anct pour le duc de Vendôme, à Clichy pour le Grand

\. De Piles, Remarques sur l'Art de peinture de Dufresnoy, 1668, p. 25i.

2. Lister, Voyage à Paris, 1G98. Traduction éditée en iSyS par la Société des Bibliophiles, p. 24.

3. Caylus, Discours sur les dessins lu à l'Académie royale en juin 1732. Réimprimé dans la Revue universelle des Arts^ t. IX, p. 3 14 et suiv.

4. Vie de Fr. Le Moyne, par Nonotte. Du cabinet de M. Berger ce tableau passe chez de La Borde, banquier du roi, puis chez le fermier général Grimod de la Reynière. Lors de la vente du cabinet de ce dernier, il fut acheté \o,boo'^. Dix-neuf ans après, David triomphe, et en 181 1, à la vente Radix de Sainte-Foy, il tombe à 3o3 francs. Le Musée de Besançon, qui le possède depuis i85o, l'a acheté i,5oo francs. Inventaire des Richesses d'Art de la France; Province, Monuments civils, t. V, p. 1 19.

Prieur, à Fhôtel de Bouillon, pour le prince de Condé, le duc du Maine, le comte de Toulouse, le duc d'Antin, pour M. Hogguère à Châtillon, M. Desmarets, contrôleur général, M. de Bercy,

Giavc parDeiaaiiay.

1 IG. -ig. — JEAN RAOUX.

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