‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 106 sur 273 · Nouv. Arch. de l'Art franc., 1877, p. 172 et suiv · texte numérisé non relu

Nouv. Arch. de l'Art franc., 1877, p. 172 et suiv

6. C'est la somme que demande en moyenne Rigaud, au moins jusqu'en 1 698, car nous n'avons pas ses comptes après cette date. Il augmente seulement le prix pour les personnages importants: en 1696, l'archevêque de Rouen paie 1,400"*^, M. de Guldenleuw, grand amiral de Suède, 994"^ et le prince de Conti, 2,000"^ en 1697. (Voy. Mém. ined..^ t. II, p. i63 et 1G4.)

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scènes religieuses au plafond de la chapelle, dans sa villa de Montmorency. Sirois amène un jour Watteau chez Crozat ; celui-ci se souvient aussitôt d'une salle à manger dont la décoration incomplète exige les Quati^c Saisons et il en confie l'exécution au jeune artiste; en 1716, après la mort de La Fosse, il l'accueille chez lui, mais sans pouvoir le retenir longtemps : l'extrême nervosité de Watteau, son amour de la solitude, sa haine contre tous les luxes, toutes les élégances auxquels il ne participe pas le 'rejettent vite aux logis de hasard. Crozat cherche alors un nouvel hôte. Il apprend en 1720 le prochain voyage à Paris de la Rosalba qu'il a connue à Venise ; il lui écrit lettre sur lettre pour la décider à habiter son hôtel et lui réserve un accueil princier*. Le duc de Richelieu, le protecteur et l'intime ami de R. de Piles, s'attache Pierre Dulin : il « aimait les arts et les artistes, et portait ce sentiment à l'égard de d'Ulin à un degré de prédilection toute particulière puisqu'il le retint chez lui, l'admit à sa table, et lui donna pour son service un équipage de sa maison' ». Le prince de Carignan, qui s'installe à Paris en 1719, prend à son service et loge J.-B. Van Loo qui peint pour lui le Triomphe de Galathée, de grands sujets tirés des Métamorphoses d'Ovide, devient son conseiller et le directeur de son cabinet\ A son retour d'Italie, Jean Raoux trouve asile au palais du Temple, chez le Grand- Prieur de Vendôme; il y demeure jusqu'en 1731 et décore plusieurs appartements en échange d'une rente de loo"^'.

Les pensions accordées aux peintres par les grands sont souvent de simples paiements. Rarement les nobles sont en mesure d'acquitter leurs dettes à l'échéance, et, au lieu de payer leurs créanciers, ils leur constituent une rente. Depuis le i"' janvier 170b, par exemple, Antoine Coypel reçoit du duc d'Orléans 3000"^ par an, réversibles par moitié sur la tête de ses enfants, à la place des 60,000"^ que lui doit son protecteur pour la galerie du Palais- Royal'. Le prince de Conti conclut un arrangement analogue avec Jouvenet en 1689 : le mémoire du peintre s'élève à 5,500"^ ; mais, comme le prince est également débiteur de Coysevox et de différents artisans, Jouvenet paye 2,500"^ à ces créanciers et reçoit, en retour, une rente annuelle et perpétuelle de 400"^''.

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