‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 107 sur 273 · RESSOURCF.S DES PEINTRES : LA VILLE · texte numérisé non relu

RESSOURCF.S DES PEINTRES : LA VILLE

Parfois un peintre choisit mal son protecteur et s'attache à un homme incapable de payer son dévouement en commandes ou en pensions. Henri de Favanne, par exemple, s'obstine à rester fidèle au favori de la princesse des Ursins, à d'Aubigny qu'il a connu à Rome dans sa jeunesse. Il le suit en Espagne où il traverse d'assez méchantes aventures'. Lors de la disgrâce de la princesse, il accompagne encore d'Aubigny au château de Chanteloup qu'il décore pendant six ans, « mais, dit Hulst, peu utilement. L'amitié de son patron était une amitié de Cour, abondante en promesses, stérile au décompte. Le traitement qu'elle assigna à notre artiste l'a mis mal à son aise pour le restant de ses jours"" ».

Ceux même qui n'éprouvent pas ces mécomptes cherchent d'autres clients encore que les grands seigneurs. A Paris, la municipalité, les églises et les couvents peuvent leur fournir des ressources. La municipalité parisienne n'emploie qu'un petit nombre d'artistes, si nous en croyons les rares documents qui nous restent ; nous sommes, il est vrai, mal renseignés, les pièces d'archives et les œuvres d'art appartenant à la Ville ayant été presque toutes brûlées. En tout cas, Paris ne semble pas avoir eu de peintres attitrés comme les grandes cités des provinces^. Le portrait des magistrats est exécuté chaque année, à la sortie de charge, mais toujours par des artistes différents \ On a paré Largillière du titre de peintre officiel de la Ville, mais aucun document authentique ne le lui donne. Sans doute Largillière a représenté beaucoup d'échevins, mais pas plus que François de Troy, son contemporain. Les officiers municipaux s'adressaient naturellement aux meilleurs

1. \oy. Mémoire pour servir à la vie de M. de Favanne. peintre ordinaire du Roy et recteur de F Académie royale de peinture et de sculpture. Paris,

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