‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 11 sur 273 · I.A IM-ilNTlRE i:'|- I.A (iri.KKi · texte numérisé non relu

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les fonds dont il dispose ne sont pas suffisants pour la mettre àlabri du besoin et pour lui éviter les expédients. On lit encore dans une lettre de Poerson du 5 octobre 1720 : '•' Il n'y a plus de change, et j'ai été obligé d'acheter adroitement à crédit des drogues quej'ay revendu à grosse perte pour avoir un peu d'argent et me soutenir, ne pouvant trouver d'argent à empruntera quelque prix que ce puisse être' ».

La guerre, presque ininterrompue, aggrave encore le trouble apporté par le désordre des finances dans la distribution des commandes et des pensions. Sous un roi tel que Louis Xl\' la guerre heureuse pouvait peut-être stimuler l'activité artistique; mais, depuis 1690, les armes françaises sont le plus souvent battues. Pendant lespremières années de la guerre de la ligue d'Augsbourg, les peintres célèbrent encore quelques succès: les successeurs de Van der Meulen, Sauveur le Comte, Martin l'aîné accompagnent les armées en Flandre, et représentent la Prise de Mans, la Prise de Namiir. Mais bientôt la défaite est continue. La guerre de la succession d'Espagne amène les gros désastres. On saisit la désastreuse influence des guerres sur la production artistique nationale en feuilletant, au Cabinet des Estampes, la collection Hennin, dont les gravures populaires illustrent les plus petits incidents de notre histoire. Jusqu'en 1700 les gravures françaises y dominent, représentant des victoires françaises, puis elles disparaissent sous une profusion d'images allemandes et hollandaises célébrant nos défaites. Et la crise atteint plus encore les œuvres d'art que l'imagerie populaire : on consacre aisément une estampe à de petites escarmouches heureuses qui ne valent pas un tableau.

De tous les artistes les peintres sont cependant les moins atteints : leurs pensions sont maintenues jusqu'à la fin du règne. Dès 1691, au contraire, celles des savants et des hommes de lettres sont réduites; elles disparaissent en 1692 avec les allocations à l'Académie des Sciences et à l'Académie française. Quant aux sculpteurs, ils vivent presque uniquement sur les fonds des Bâtiments ; (le nombre des amateurs assez riches pour payer des groupes et des bas-reliefs est très restreint) et ils vivent de plus en plus mal. En ibg^, Lepautre, pensionnaire de l'Académie de Rome, veut rentrer à Paris pour

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