‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 123 sur 273 · Ibid., t. IV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. IV, p

G. Ibid., t. III, p. 84 et 376.

L'ACADEMIE ET LA SOLIDARITE DES PEINTRES i53

OÙ le directeur et les officiers en charge jugent leurs œuvres. L'avis défavorable des officiers annule une candidature, mais leur approbation n'assure pas son succès. Le nom de l'aspirant, son âge, son école sont d'abord soumis au protecteur qui jouit du droit de j>elo; puis on passe au vote. Ce vote n'est pas une simple formalité^ ; le candidat doit réunir les deux tiers des voix pour être élu. Agréé même, il n'est reçu définitivement qu'après avoir présenté son morceau de réception et payé son présent pécuniaire. Toute leur vie enfin les académiciens restent soumis à une discipline rigoureuse. Un protocole sévère établit leur hiérarchie : des règlements plusieurs fois remaniés déterminent l'ordre de préséance aux assemblées, les honneurs, les sièges des conseillers, des professeurs, des recteurs, du chancelier, dudirecteur-. Au tempsoù l'Académie est encore presque riche, elle ordonne des services religieux pour ses membres défunts et le cérémonial diffère selon les grades. En témoignage de déférence et de soumission, les artistes établis en province ou à l'étranger sont tenus d'écrire au moins une fois par an au directeur^ Un règlement du 22 décembre 1677 rend passible d'exclusion tout académicien qui manque sans motif plus d'un an aux séances, et cette loi draconienne est strictement appliquée : le 24 avril 1688, par exemple, de Troy, Armand, de La Marre Richard et Vambeck sont mis en demeure de prouver qu'ils ont fait acte de présence dans l'année \

L'Académie n'assure pas seulement la dignité aux artistes, elle leur enseigne encore la solidarité. En 1694, quand l'École est menacée, les officiers renoncent à leur traitement pour la sauver. Depuis 1693, on prélève sur les revenus réduits à 2,000"^ une petite pension pour de Sève vieilli et malheureux', et la veuve de ce peintre reçoit plus tard un louis d'or par trimestre et quelques voies de bois l'hiver'". Un délégué rend visite aux malades et leur porte les vœux de leurs collègues. Les querelles entre artistes sont rares : la seule qui vaille d'être notée est celle qui brouilla Watteau et Gillot, et nous la connaissons fort mal. Les deux hommes étaient encore obscurs quand ils se séparèrent, et Watteau n'avoua jamais les circonstances de la rupture. Peut-être une femme

1. Proc.-verb., t. III, p. 334. Rèîi louent sur Icifonne Je présentation des Aspirans.

2. Voy. au sujet de la discipline hiérarchique la plainte de Noël Coypel, directeur de la Compagnie, contre de Sève en 1675, et la procédure qu'elle provoqua. Proc.-verb., les 3 et 24 septembre i6y5, t. III, p. 171 et suiv.

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