Mém. inéd., t. II, p
3. Paolo Sarpi, Histoire du Concile de Trente, trad. Le Courayer, ijSo, t. II, p. (^46.
4. Il en est encore ainsi de nos jours. Les théoriciens de l'art chrétien n'ont pas manqué au xix' siècle, mais ils se sont uniquement appliqués à mettre les artistes en garde contre les sujets et les interprétations capables de choquer l'innocence des fidèles, et à donner des indications matérielles, des détails archéologiques précis. Aucun n'a considéré l'art chrétien au point de vue idéaliste. Voy. par exemple. Rio, De l'art chrétien; Grimouard de Saint-Laurent, Guide de l'art chrétien; Analecta juris pontificii : la vérité biblique défendue contre les erreurs de la peinture (i858- 1859, p. i37 et suiv.); Abbé Muret, L'art religieux contemporain.
5. Dejob, De l'injluence du Concile de Trente sur la littérature et les beaux-arts chc^ les peuples catholiques, p. 243 et suiv.
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rence vis-à-vis de l'Église sont à peu près absolues. Aussi longtemps que l'imitation des Bolonais est la règle unique de notre École, on ne peut s'en apercevoir ; mais à la première évolution, la peinture religieuse, sans défense, est condamnée à suivre les autres genres. Quand elle devient réaliste et galante à la mort de Le Brun, personne ne s'inquiète de ce caractère nouveau parce que personne ne le remarque' : le clergé lui-même s'intéresse surtout à la peinture profane dans ce temps ; Fénelon regarde plus volontiers des Vénus que des Vierges'- et l'évêque de Mende fait peindre dans son palais la légende d' Apollon cl de Daphiié\
Les Jésuites, tout-puissants, pourraient contraindre la peinture sacrée à plus d'austérité, mais ils ne s'en préoccupent pas. Ils sont aussi indulgents à l'art qu'aux mœurs'. Ils ne s'astreignent même pas à décorer leur maison professe d'œuvres de piété". La seule action qu'ils exercent sur la peinture religieuse est mauvaise : ils favorisent le développement excessif de l'allégorie dans les tableaux d'église. L'allégorie est un des moyens d'action qu'ils préfèrent; ils l'emploient sous toutes ses formes, et, pour piquer les curiosités, ils la rendent volontiers obscure et compliquée. Chaque année leurs collèges proposent aux élèves, comme exercices pédagogiques, des énigmes peintes ; ce sont en réalité des allégories très subtiles, quoique le père Jouvenci prétende, dans son traité De Ralione disccndi et docendi, que l'énigme se distingue de l'allégorie en ce qu'elle traite uniquement des mœurs, des vices, de la vertu, au lieu d'admettre indifféremment toutes les représentations''.
1. De Piles seul défend la dignité de la peinture d'église. « Comme rien n'est plus saint, dit-il, plus grand, ni plus durable que les mystères de notre Religion, ils ne peuvent être traités d'un style trop majestueux. » {Cours de peinture par principes, édit. de 1767, p. 5-j.) Il écrit aussi que le peintre doit préférer « l'intérêt de son Ame à l'intérêt de son Art » {Remarques sur l'Art de peinture de Dufresnoy, édit. 1767, p. 244); mais il contredit ailleurs ces réflexions incidentes. En réalité il ne s'intéresse pas beaucoup plus à la question que ses contemporains.
2. Fénelon, Jugement sur différents tableaux, publié (à tort sans doute) parmi les opuscules écrits pour l'éducation du dauphin. Œuvres complètes, éd. Lebel, t. XIX.