Musée d'Annecy, n° 28 du Catalogue
3. M. Gazier possède trois portraits de Tournus par Restout. Aucun n'est signé; mais l'un d'eux a été gravé et la lettre de la gravure nous donne le nom du peintre. Le prêtre, dans cette œuvre, est de trois quarts, sa canne à la main, son chapeau sous le bras, sur un fond de paysage où l'on voit, à gauche, un coin de couvent et un mur d'église (fig. n« 3 ). On identifie aisément les deux autres portraits en le comparant
,r,4 L'ÉGLISE DES INXALIDES
r intercession de Monsieur Pàris\ Son jansénisme est donc certain et il rend très probable celui de Jouvenet, puisque dans son art comme dans sa vie, le neveu suit exactement les leçons de l'oncle. Malgré tout, le jansénisme n'exerce plus aucune action sur le développement de l'école au début du xviir siècle. L'Église et l'art sacré sont alors tout à fait étrangers l'une à l'autre; la peinture religieuse n'est plus qu'une forme de la peinture d'histoire dont elle subit toutes les fortunes.
Pendant la première partie du règne de Louis XIV, la grande peinture décorative est exclusivement allégorique ou héroïque : avant 1690, le roi ne commande pas un ensemble religieux important-. De i6qo à sa mort, au contraire, il n'ordonne plus de décorations profanes, mais il fait peindre l'église des Invalides et la chapelle de ^"ersailles. On tient ces deux œuvres dans un oubli injuste. Elles comptent — surtout les Invalides — parmi les plus importantes de la décoration française. Bien qu'exécutées par des artistes de valeur très inégale, leur conception générale et leur composition sont d'une ampleur, d'une unité et d'une harmonie très remarquables.
Le premier projet pour les Invalides est arrêté du vivant de Louvois, et Mansart. quelles que soient ses préférences, est soumis d'abord aux volontés du surintendant autoritaire. Il est peu vraisemblable que Louvois ait sérieusement voulu confier le travail colossal du dôme, des panaches, des chapelles au vieillard de quatrevingt-trois ans qu'est alors Mignard, son favori; en mai 1691 il lui demande pourtant des idées et des conseils, et, deux mois après, Mignard apporte une esquisse entière de la décoration qu'il promet d'achever lui-même rapidement^ Mais Louvois meurt sur ces entrefaites et Mignard perd sa commande. II ne l'exécuta pas, dit
à celui-ci. L'un représente Tournus à mi-corps, dans un ovale, l'autre le montre dans son cabinet, assis devant une table, une main sur la poitrine, l'autre crispée sur un crucifix (fig. n° 5). Le dessin est étriqué dans les trois portraits, la couleur également pauvre. Il est fort possible que le dessin de la gravure bien connue le Pèlerinage de Piété soit également de Restout.
1. Dans la première planche, en effet, reproduite ici (fig. n" 6) on retrouve parmi les assistants au miracle un Tournus absolument semblable au Tournus des portraits de Restout. Les dessins des planches de l'ouvrage de Carré de Montgeron existent encore : ils appartiennent à M. Jules Perrin, architecte.
2. La coupole du Val-de-Grâce est peinte par Mignard sur l'ordre d'Anne d'Autriche et non de Louis XIV.
3. Abbé de Monville, Vie de Pierre Mignard^ ijSo, p. i63 et suiv.
L'EGLISE DES INVALIDES
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l'abbé de Monville, son biographe, parce que le mauvais état des finances retarda de huit ans la mise en train, des travaux. Les Mémoires inédits affirment, au contraire, que Mansart trouva Mignard trop âgé, et, dès la mort de Louvois, écrivit à Ch. de La Fosse « qu'il n'y avait que lui qui pût peindre l'église des Invalides qu'il venait d'achever ' ^y. Ce sont les Mémoires /'«(/cf//^ qu'il faut croire, semble-t-il : La Fosse commence, en effet, ses esquisses dès 1692, à