‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 138 sur 273 · Mém. inéd., t. I, p · texte numérisé non relu

Mém. inéd., t. I, p

L'EGLISE DES INVALIDES

quatre pendentifs où il peint les Quatre Evangélistes^ fig. n° 8) ; dans la voûte inférieure Jouvenet représente Dou^e yljPo/re^ gigantesques ; Noël Coypel reçoit la commande de V Assomption de la Vierge et d'une Trinité pour le sanctuaire, de Groupes ifauges musiciens pour les embrasures des fenêtres du chœur ; Michel Corneille, Poerson. Bon B oullogne , Louis de Boullogne sont chargés de figurer en six scènes et une coupole les \^ics de saint Grégoire, saint Ambroise , saint Jérôme, saint Augustin pour les quatre chapelles circulaires qui flanquent la nef principale.

Cette troisième distribution ne peut être exactement datée; mais elle est certainement antérieure à la retraite de Villacerf : surintendant, Mansart n'y eût pas consenti. Cependant l'exécution des travaux ne commence

KIG. DO. — ANTOINE WATTEAU. — RIISSEAU COULANT ENTRF DES MAISONS.

(Figures de diftérents caractères.)

qu après son arrivée

aux affaires. Aucune

esquisse même (sauf

celles de La Fosse) ne devait être terminée en 1699, car on n'en

voit pas au Salon de cette année; en 1704, au contraire, Jouvenet

envoie Quatre Apôtres et Noël Coypel son Assomption et ses Ajiges

I. Ces Évangélistes étaient déjà prévus dans le projet de 1692; nous trouvons, en effet, dans les Comptes des Bâtiments du roi, à la date du 21 septembre 1698. l'indication suivante : « A Lefebvre, peintre, pour une toile qu'il a imprimée pour dessiner un des Évangélistes des angles de la grande voûte en lôo'i... » Ils faisaient même déjà partie du projet iMignard en 1G91. On peut en voir les esquisses au

,r,S L'ÉGLISE DES INVALIDES

musicieus'. Les travaux préparatoires sont exécutés à la coupole en 1700 et les premiers versements aux artistes paraissent aux Comptes en 1702; Leroy, l'historien de Jouvenet, fixe donc avec beaucoup de vraisemblance à cette année-là l'exécution des /ipotres^. Les paiements s'échelonnent ensuite jusqu'en 1709; mais les travaux sont terminés depuis longtemps à cette date : Noël Coypel et Michel Corneille sont même déjcà morts. La Fosse, d'après les Mémoires inédits, a terminé la coupole dès 1705. En 1706 la décoration entière doit être achevée, puisque la deuxième édition de la Description de rÉg'lise des Invalides par Félibien qui paraît cette année-là décrit toutes les compositions d'après les originaux.

En cours d'exécution la distribution subit pour la quatrième fois des modifications. Mansart, d'abord, fit passer à la chaux les peintures de Poerson. On a cru longtemps que Poerson avait travaillé à la chapelle Saint-Grégoire dont Michel Corneille n'aurait obtenu la décoration qu'après la mésaventure de son confrère'; mais les Comptes indiquent, en 1702 et 1703, deux règlements à Poerson pour ses travaux à la chapelle Saint-Jérôme. Ce fut Bon Boullogne qui obtint sa succession, sans doute parce qu'il était habile praticien et

Musée du Louvre dans l'œuvre dessinée de Mignard, n°^ 3io3o à 3io33. Et ce n'est pas par erreur que ces esquisses ont été attribuées à Mignard : on en trouve l'indication dans un inventaire des œuvres du peintre appartenant au roi, aux Archives Nationales, reproduit dans les Notiv. Arch. de l'Art franc., t. III, p. 43 : « Quatre dessins faits des Évangélistes pour les angles du dôme des Invalides. » Cet inventaire mentionne encore d'autres dessins de Mignard pour les Invalides : « un dessin, en couleur en forme de dôme de 3 pieds 3 pouces de diamètre : le dôme des Invalides, représentant un Saint Georges, accompagné Sun Saint Louis et d'un Saint Charleniague, qui présente les Invalides au Père Eternel, un autre, sur toile, représentant une Assomption de 4 pieds sur 3 pieds 1/4, une esquisse de la Première Pensée pour le dôme des Invalides, un paquet de dessins et études pour la calotte dudit dôme au nombre de vingt-cinq. » Notons qu'il n'est pas question de dessins pour les quatre chapelles.

1. Outre les Père Éternel de La Fosse, déjà signalés à Reims, il reste dans les musées des départements quelques esquisses exécutées pour les Invalides. C'est ainsi que le Musée de Rouen possède onze Apôtres de Jouvenet et le Musée de Grenoble une étude pour son Saint Barthélémy et son Saint Simon. A Dijon il y a deux scènes delà Vie de saint Augustin par L. de Boullogne (fig. n° \\). L'Ordination de saint Augustin du même artiste, au Musée de Metz, ne fut pas peinte pour la chapelle des Invalides, mais pour le réfectoire du couvent des Augustins.

2. « Au s"" Jabba pour 4 muids y/S*" de chaux qu'il a livré pour la fresque du dôme de lad. église... » (Comptes, !"■ août 1700, t. IV, p. 109.)

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