Piganiol, Description de ]\'rsailles, t. I, p
,-ô LA CHAPK[.LK DK VERSAIl.LKS
légerté de pinceau » qui donnent tant de charme à ses autres œuvres ne se retrouvent pas à Versailles'.
L'emplacement se prêtait mal, il est vrai, à la décoration. Les voussures ne laissent entre elles que six pieds d'espace uni, et Coypel, quand on lui présenta la maquette de la voûte, désespéra d'abord « de pouvoir la remplir avantageusement, tant elle lui parut ingrate pour la peinture' ». 11 dut recourir à la collaboration de Philippe Meusnier qui lui traça un cadre de guirlandes, de caissons, de rosaces dorées ; mais il ne put cependant tirer un bon parti du champ qui lui était confié''. Son œuvre mérite pourtant d'être étudiée, car elle ouvre la voie à toutes les fantaisies qu'imaginera le xviir siècle. Après 1709, les travestissements, les sous-entendus les plus équivoques seront tolérés dans les églises; les mignardises, les gentillesses les plus profanes seront licites. On ne trouve plus de grandes décorations religieuses avant 1721 ; mais quand François Le Moyne, en 1723, représentera la Transfîp;iiration à la voûte du chœur, dans l'église des Jacobins, il peindra ses anges comme des amours et sa. Vierge comme une aimable Parisienne aux gestes souples, à la grâce sensuelle.
La peinture de chevalet se transforme à la même époque et selon le même rythme que la peinture décorative, mais son évolution est moins facile à suivre, car les observations portent sur un nombre d'œuvres considérable. Cependant on peut noter que les scènes de miracle ou de simple édification, intraduisibles sans une foi sincère, disparaissent du répertoire artistique devant les flagellations, les couronnements d'épines, les portements de croix, les martyres ''. Les