LA PEINTURE RELIGIEUSE DE JOUVENET
Geneviève', non seulement parce que ces bienheureux sont les patrons du roi et de Paris, mais encore, et surtout, parce que leur vie est à peine légendaire. Le départ de saint Louis pour la croisade, sa pitié pour les blessés, son dévouement aux pestiférés, son courage, sa justice, sa mort n'ont aucun caractère miraculeux; sainte Geneviève n'est qu'une fillette pieuse, une bergère qui conduit son troupeau, une religieuse qui prend le voile.
L'évolution fut singulièrement favorisée par les hommes et par les circonstances. Le plus grand peintre religieux du temps d'abord, le seul peut-être qui ait composé des tableaux d'église par goût, même par conviction, Jean Jouvenet, ne visita jamais l'Italie et admira au contraire vivement Rubens, dont il subit assez tôt l'influence. Dans sa grande Descente de Croix (fig. n*' i8), peinte en 1697-, il osa, avant tous
d'abord, passa ensuite chez l'abbé Denize : on ne sait ce qu'il est devenu après la mort de ce possesseur. Le troisième est signalé par Leroy, Histoire de Jouvenet. p. 221-222. On trouve la gravure du quatrième au Cabinet des Estampes, dans l'œuvre gravée de Jean Jouvenet. — Vers 1094, la surintendance commande à Ant. Coypel pour l'église paroissiale de Versailles : i" Saint Louis rendant la justice à Vincennes ; 2' se battant contre les Sarrasins; 3° mourant (voy. Engerand, Inventaire des tableaux commandés..., p. 106), et Coypel peint encore dans une chapelle de Saint- Roch Saint Louis mourant donnant des conseils à son fils, gravé par Poilly. Le roi offre à l'église des Récollets Saint Louis à genoux , présentant les clous et l'éponge à un crucifix, de Michel Corneille (Engerand, Inventaire de Bailly., p. 41 3). Il y avait un Saint Louis à mi-corps, du frère Luc, dans l'appartement haut de Marly (Ibid., p. 340), un Saint Louis à genoux devant la couronne d'épines, par Poerson, à la chapelle de Fontainebleau {Ibid., p. 46G-4ej7, et Guiffrey, Comptes, t. IV, p. 782 et 897). Il y aurait encore bien d'autres Saint Louis du temps à citer : celui de Fr. Verdier, par exemple, guérissant les malades, aux Chartreux, porté sous le n" 384 au Catalogue du Musée des Monuments français, de Lenoir; celui d'Ant. Dieu, partant pour la Croisade, au Musée de Castres aujourd'hui... Mais il s'agit moins d'énumérer que de montrer l'abondance des œuvres.
1. La Ville, nous Tavons vu, commande à Largillière une toile en l'honneur de sainte Geneviève, après la famine de 1696, et une autre à de Troy, après la disette de 1716. En 1687, R.-A. Houasse représente pour la paroisse Saint-Louis, à Versailles, 1* la sainte à genoux, tenant un cierge allumé ; 2° guérissant ime femme aveugle; 3° recevant le voile de saint Marcel (Engerand, Inventaire des tableaux commandés, p. 234). J.-B. Corneille (au Musée de Nîmes) et Nicolas de Platte-Montagne (au Salon de 1704) la peignent priant pour les pestiférés. Dans une toile de Watteau, à Saint-Médard, elle garde son troupeau. Peu après 1721, Jean-François de Troy l'évoque de nouveau pour l'église Sainte-Geneviève, et Noël-Nicolas Coypel l'imagine allant à la rencontre de saint Germain l'Auxerrois (au Musée de Dijon).
2. La date est certaine; l'œuvre est signée; par conséquent, l'année 1677 est indiquée à tort par M. Engerand dans Y Inventaire des tableaux commandés et achetés par le roi, p. 425. Jouvenet peint plusieurs autres Descentes de Croix. Il en expose une au Salon de 1699 ^^ ^^ n'est pas celle des Capucines qui, selon Brice, était en place depuis août 1697. 11 ^^i envoie également une au Salon de 1704, mais c'était peut-être celle de 1699 : beaucoup de peintres ont exposé les mêmes œuvres à ces deux Salons. Le Musée de Montauban possède une Descente de Croix attribuée