D'Argenville, édition de 1762, t. IV, p
,!?4 i'i;iMURE Rp:Lir.iEi;sF: des peintres de genre
comme sujet de réception le (Christ dans le temps qu'il pa être attaché à la croi.x^. L'original est malheureusement relégué dans l'église de Noailles et de Poix'-, mais Huquier l'a gravé dans les Scènes de la vie du Christ dessinées par Gillot'', et nous voyons par sa planche que la composition manque de gravité et les figures de dignité. Malgré sa piété sincère, Watteau traite aussi les thèmes les plus austères du Nouveau Testament avec une aimable désinvolture'. Ses vierges sont des femmes aimables et ses anachorètes au désert de bons acteurs d'opéra. Nous n'avons à Paris qu'une œuvre religieuse de sa main, mais elle est importante'' : c'est la Sainte Genepiève de l'église Saint-Médard. La petite sainte, assise sous un arbre, tout de blanc vôtue, sa houlette à la main, entourée de ses moutons qui paissent ou qui dorment, semble une bergère galante échappée d'une églogue. La Sainte Famille'' donnée par le maître à l'abbé de Noirterre en échange d'une toile de Rubens est en Russie; rnais- les. gravures de Marie-Jeanne Renard du Bos, de Wust ou d'Aveline (fig. 26) nous apprennent que la Vierge était une jolie fille des Fêtes galantes et que l'enfant ressemblait à un Amour. Huquier nous a conservé le souvenir d'un Pénilent peu contrit méditant dans un désert trop fleuri (fig. n" 25). Qiiant aux autres toiles religieuses de Watteau — assez peu nombreuses d'ailleurs — nous ne les connaissons que par leur passage dans des ventes ou par des mentions d'historiens.
Les tableaux d'église les plus importants de François Le Moyne sont postérieurs à 1721. Cependant à la mort de Watteau le jeune artiste a déjà peint un Saint Jean-Baptiste au désert pour Saint- Eustache, deux Tentations, l'une conservée dans une église près d'Amiens, l'autre datée de 171 5, trois toiles pour la cathédrale de Sens : les Noces de Cana, la Promesse de F Eucharistie, le Baptême du Christ (1717). Une Assomption récemment retrouvée au prieuré de