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PEINTURE RELIGIEUSE DES PEINTRES DE GENRE

Saint-Julien-Chapteuil caractérise bien son art à cette époque*. I/évêque du Puy, voulant donner un tableau au prieur de Saint- Julien en 1718, demanda au duc d'Antin de lui désigner un artiste et le surintendant choisit naturellement Le Moyne qu'il protégeait. Dans la figure de la Vierge celui-ci reproduisit les traits de sa mère, la jolie Françoise Dauvin, et autour d'elle il peignit des anges.

Gravé par Drevet.

IIVACINTIIE RIGALD. — PORTRAIT DE DANGKAU.

(Musée de Versailles.)

— des amours jouftlus, — qui portent des roses, qui jettent des roses; dans le coin gauche il disposa encore des roses sur le tombeau ouvert. Sa composition, d'une harmonie souriante, est essentiellement profane. \^ers la fin de sa vie, quand sa raison chancela, il se

I. M. Léon Giron, qui l'a retrouvée, lui a consacre une intéressante étude : Une Assomption de François Le Moyne dans la Reiin. des Soc. des Bejii.v-Arts des dep. 1898, p. 63q et suiv.

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souvint de la jolie mondaine qui triomphait parmi des amours et des tleurs au fond du prieuré et il se repentit de l'avoir peinte. Un chercheur a découvert récemment cette note sur un fragment de répertoire du prieuré : « Monsieur Nonotte nous mande de la part de M. Lemoine pour que soit lacérée ou brûlée la Vierge Marie dont Monseigneur l'évêque de la Roche-Aymon a fait don au prieuré en 1718 ». Le prieur heureusement n'y consentit pas : le sacrifice eût été inutile; il était trop tard pour enrayer le mouvement. Jusqu'en 17O0, Tart sacré n'est plus qu'un prétexte aux fantaisies les moins liturgiques : Nattier peint Mme de Châteaur^Hix en Madeleine comme il l'aurait peinte en Vénus ; quand la Reine désire en 1752 une Madeleine au déserl pour l'autel d'un oratoire aux Carmélites de Compiègne, M. de Vandière la demande a Ch.-Ant. Coypel, et l'artiste, pour faire sa cour, donne à hi pénitente les traits de Madame Henriette de France, morte au début de l'année. Vers la fin du siècle les imaginations galantes disparaissent de la peinture religieuse, mais le réalisme y persiste. En somme, tous les éléments dont sera formé l'art sacré de la Régence à la fin de l'Ancien Régime caractérisent déjà les œuvres des premières années du xviir' siècle.

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