‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 179 sur 273 · LE STYLE PASTORAL DANS I.K PAYSAGE · texte numérisé non relu

LE STYLE PASTORAL DANS I.K PAYSAGE

bout d'un pont dans la morne œuvre, c'est le Panthéon dWgrippa à peine transformé. Mais peindre Rome pour Poussin, c'était représenter une nature qu'il avait étudiée, qu'il avait aimée toute sa vie : c'était faire œuvre de paysagiste sincère; pour les artistes qui passent en Italie quelques années seulement ou peu de mois, c'est, au contraire, substituer la tradition à l'observation, c'est fausser la conception normale du paysage.

Sans être beaucoup plus riche que le style héroïque, le style pastoral occupe plus d'artistes de 1700 à 1720 : Francisque Millet le fils, Etienne et Gabriel Allegrain, P.-D. de Chavanne, N. Spheyman, Georges Faucus, Jean Cossiau s'y consacrent. Les tableaux de ces peintres sont rares dans les musées, et nous identifions très difficilement ceux qui nous restent : ils ne sont presque jamais sio-nés et représentent toujours des sites sans caractère, composés selon une tradition immuable.

Les toiles signées d'Etienne et de Gabriel Allegrain sont assez nombreuses cependant pour valoir à ces artistes la première place dans l'Ecole '.Les Allegrain (fig. n'' 49) ont été très injustement tenus dans l'oubli par les critiques du xviir siècle : leur imagination était riche, ils composaient avec goût, leurs œuvres seraient même de premier ordre souvent si elles étaient plus lumineuses. Le coloris est leur partie faible; bien qu'Etienne ne meurt qu'en 1736 et Gabriel en i748,leurpalette est grise et terne encore comme s'ils avaient ignoré les Flamands. Les autres représentants du style pastoral sont beaucoup plus médiocres. Si l'on en croit Mariette'-, Jean-Francisque Millet (Francisque le fils) n'est qu'un très pauvre artiste, malgré l'exemple et les leçons de son père, un des meilleurs paysagistes de la génération précédente, peintre à la vision large, au style simple, au dessin correct. Pierre Domenchin de Chavanne vaut moins encore selon les historiens : nous ne connaissons pas d'œuvre authentique de sa main^ Cossiau et Faucus travaillent tous deux dans le style du Guaspre : le premier passe sans doute fort peu de temps en France'; l'œuvre gravé du second ne suffit pas à juger son œuvre peint".

1. Il n'est malheureusement presque jamais possible de répartir les œuvres entre le père et le tils. Ils n'inscrivaient pas leurs prénoms sur leurs tableaux et travaillaient dans la même manière.

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