‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 184 sur 273 · Voy. Virgile Josz, Watteau, p. 121 et 122, et passim · texte numérisé non relu

Voy. Virgile Josz, Watteau, p. 121 et 122, et passim

5. Caylus, Vie de Watteau, dans Concourt, VArt du XVIIP siècle^ 1'" série, p. 23.

^3o LE PAYSAGE DANS l.(EEVRE DE WATTEAU

lettre à Julienne, en 1720, Watteau indique lui-même qu'en pleine maturité il consultait toujours la nature : «Je vous montrerai, écrit-il à son ami, quelques bagatelles comme les Paysages de Nogeii/ , que vous estimez assez par cette raison que j'en fis les pensées en présence de madame de Julienne*». Dans ses premiers tableaux, les scènes militaires peintes à son retour de Valenciennes, il est obsédé par le souvenir des campagnes llamandes; derrière les haltes d'armées, devant les troupes en marche, il déroule de longues plaines caressées par une buée lumineuse et où des arbres vigoureux, d'un vert humide, se dressent. Plus tard, chez Julienne, chez Crozat, il aime et il peint les parcs aux bosquets bien taillés, où les statues mettent leur note claire, les balustrades leur rythme élégant, et qui s'ouvrent sur des perspectives radieuses. Les sites de ses tableaux sont souvent exactement connus : Boucher a gravé, d'après lui, une Jlie de [7;/a';z;K^^; Julienne possédait les Champs-Elysées, dont nous n'avons plus que la gravure par Tardieu ; les Charmes de la rie, gravés par Aveline, représentaient aussi les Champs-El3'sées vus de la galerie des Tuileries ; la Perspective (ûg. n° 76), c'est le parc de Crozat à Montmorency; au fond de la plaine, derrière la Sainte Generiève de Saint-Médard, on voit une silhouette de Paris; les paysages du Marais Ac V Abreuvoir sont empruntés aux Porcherons : « Ces deux veues..., écrit Mariette, ont été peintes par Wateau, d'après nature, dans le temps qu'il demeuroit aux Porcherons* >>.

Sans doute les paysages des Fêtes galantes ne sont pas exactement pris surnature : Watteau n'eût jamais trouvé de campagnes assez harmonieuses, assez amoureuses, assez nonchalantes pour encadrer son rêv^e. Mais la discipline du paysage « réaliste » n'exige pas la reproduction minutieuse d'un espace donné: elle admet toutes les interprétations, et les sites représentés par Watteau sont toujours des variations poétiques sur les campagnes qu'il connaît et qu'il

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