‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 19 sur 273 · FIG. 8. — CHARLES DR LA 1-OSSE. — SAINT-JEAN APOTRE ET ÉVANGÉLISTE · texte numérisé non relu

FIG. 8. — CHARLES DR LA 1-OSSE. — SAINT-JEAN APOTRE ET ÉVANGÉLISTE

(Décoration des panaches de la coupole de l'ivglise des Invalides.)

L'Académie de peinture au contraire ne trouve auprès de lui ni l'amical soutien, ni l'autorité bienveillante auxquels elle est accoutumée. Il paraît trois fois à peine aux séances pendant ses huit années de surintendance. En 1690 il viole sans scrupule les règlements pour imposer Mignard à la Compagnie. Statutairement, celle-ci nomme elle-même tousses officiers, et le 13 février i6()oelle décide de pourvoir normalement les postes de directeur et de chancelier vacants par la mort de Le Brun-'. Mais le 5 mars, La Chapelle, commis de'Louvois, dicte en séance les volontés du maître que les Procèsvjrbaux enregistrent en ces termes : « En suite mond. s' de La Chapelle a dit que le Roy ayant accordé à Monsieur Mignard... la qualité

I. Kousset, Hist. de Louvois, t. III, p. 38(). ■1. Corresp. des direct., t. I, p. 177-178. 3. Proc.-verb., t. III, p. 27.

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de son Premier Peintre, et tous les titres, honneurs, prérogatives et places que possédoit cy-devant Monsieur Le lîrun, et, en particulier, par rapport à l'Académie, la place d'Académicien, la charge de Rectewr et les dignités de Chancelier et Directeur de la Compagnie, Monseigneur de Louvois, nostre Protecteur, Tavoit chargé de venir déclarer cette ordre à l'Académie et que son intention estoit qu'il fût exécuté' ». La Compagnie est jouée : son protecteur, l'homme qu'elle a choisi pour défendre ses privilèges, la trahit au profit de celui qui, pendant tant d'années, s'est efforcé de la ruiner. Mais l'ordre est formel et il faut s'incliner. Seul le procèsverbal de la séance traduit la mauvaise humeur des académiciens: « Après cette déclaration (de M. de La Chapelle), la Compagnie d'une commune voix a dit tout hault qu'il n'estoit point besoin de délibérer dans une occasion comme celle-cy, ny de procéder à la pluralité des suffrages par les fèves ou autrement, s'agissant de tesmoigner sa respectueuse obéissance aux volontez du Roy et sa soumission aux ordres de Monseigneur nostre Protecteur- ».

Colbert de Villacerf remplace Louvois à sa mort. C'est un parent des Colbert et des Le Tellier qui, selon le mot de Saint-Simon, a -?: répudié les Colberts pour les Telliers /> dont il a « pris les livrées et suivi la fortune'' ». Le Tellier l'emploie comme premier commis, et Mazarin, dont il tient les registres des finances, lui fait acheter, en 1653, la charge de premier maître d'hôtel de la future reine. Par la protection de son cousin Colbert il obtient, en 1686, le poste d'inspecteur général des Bâtiments avec 1(1,000"^ d'appointements et des frais de courses'. Il est vieux déjà de près de soixante ans et peu préparé à ses nouvelles fonctions. Cependant Lindifférence de Louvois en matière de bâtiments lui impose rapidement un rôle important. Son aménité bienveillante lui concilie la sj'mpathie de l'Académie qui lui décerne, le Kj décembre 1690, le titre de vice-protecteur, vacant depuis la mort du marquis de Seignelay", et qui se réjouit quand, en i(h)i, il est nommé surintendant par commission*^.

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