‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 20 sur 273 · Ibid., t. III, p. 67 et · texte numérisé non relu

Ibid., t. III, p. 67 et

3t-, VlLLACERl" SURINTENDANT DES BATIMENTS

La charge, en passant entre ses mains, perd quelques-unes de ses attributions : Pontchartrain retient les manulactures non royales; le roi réserve pour lui-nicme et le secrétaire d'Etat de sa Maison la Bibliothèque royale, le Cabinet des Médailles, l'Imprimerie et le Balancier du Louvre, la direction des ouvrages d'argenterie et des meubles, la haute main sur les Académies des Inscriptions et des Sciences. Le surintendant conserve tous les travaux des Bâtiments, parcs, jardins, acqueducs, canaux, la construction de l'église des Invalides, de l'Observatoire, de la place Vendôme; il passe les marchés, dirige les artisans logés au Louvre, les peintres, les sculpteurs, les dessinateurs, les Gobelins, la Savonnerie, les Académies de peinture et sculpture, d'architecture, de Rome, le Jardin des Plantes, la Pépinière du Roule, le jardin d'oignons à fleurs de Toulon*... Le champ ouvert à son activité est encore vaste, mais Villacerf n'en tire rien.

C'est un aimable amateur, un brave homme qui a l'oreille du roi, mais un administrateur terne et timoré. Dans sa correspondance de huit années avec La Teulière il ne s'occupe guère que de livres, d'estampes, de bibelots : il s'intéresse aux ouvrages qui paraissent à Rome, mais ne sinquiète ni des pensionnaires ni des études. A Paris il entretient des rapports cordiaux avec l'Académie, mais il ne la dirige pas comme Colbert. Son initiative dans les commandes est nulle ; son indolence encourage tous les abus, et ses subordonnés mettent sa faiblesse à profit pour piller les fonds des Bâtiments.''< Un nommé Mesmyn"', son principal commis, en qui il se fioit de tout, abusa longtemps de sa confiance. Les plaintes des ouvriers et des fournisseurs, longtemps retenues par l'amitié et par la crainte, éclatèrent enfin... Villacerf, dont la probité était hors de tout soupçon, et qui s'en pouvoit rendre le témoignage à lui-même, parla fort haut; mais quand ce fut à l'examen, Mesmyn s'enfuit et il se trouva force friponneries. Villacerf en conçut un si grand déplaisir qu'il se défit des bâtiments... /,^ 11 mourut quelques mois après, le 8 octobre 1699.

Le roi nomme Mansart pour le remplacer. Saint-Simon est trop sévère pour Mansart ' : il nie son talent d'architecte qui n'est pas discutable; mais il n'exagère pas ses autres défauts. L'homme est avide et jouisseur : sans compter les commissions, il touche 80,000 livres

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