Ibid., t. II, p
FIG. Gg. — JACQUES SALV. — BUSTE D ANTOINE PATER.
(Musée de Valenciennes.)
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des sangliers acculés éventrant les chiens, de sauvages combats de fauves : c'est dans ces œuvres surtout, dit son fils, « que son génie se déployait avec plaisir' ». En 1704, il envoya à l'exposition la Chasse ait sanglier, le Cerf aux abois qui faisaient partie, sans doute, de la série des cinq grandes chasses commandées par Monseigneur pour Mcudon. Son triomphe dès lors fut complet : le duc d'Orléans, tous les princes, toutes les princesses de la famille royale l'occupèrent; tous les amateurs de Paris, de province voulurent un tableau de sa main-, et il peignit sa merveilleuse série de chasses où il égala presque Snyders, mais sans l'imiter. Une s'inspira jamais que de la nature; même à la fin de sa carrière, dit Mariette, bien qu'il eût tourné toute sa vie dans le même cercle, il ne peignait rien sans avoir pris un croquis sur le vif. Il travaillait volontiers dans les chenils du roi, et, pour en obtenir l'accès, il subissait les rebuffades des valets d'écurie, « gens très peu curieux de peinture et dont on achète difficilement la complaisance'*». Pour dessiner des lions et des tigres, il courait les foires et s'enfermait « dans des loges incommodes et mal éclairées"' » de ménageries.
Après lui, l'école d'animaliers fut plus remarquable par la qualité que par le nombre des artistes qui la composèrent. Les amateurs français n'aimèrent jamais les tableaux d'animaux comme les avaient aimés les Flamands du xvii" siècle : ils les acceptèrent seulement, et d'assez mauvaise grâce le plus souvent. Aussi Oudry, animalier de tempérament, ne profita pas des succès de Desportes, il dut batailler à son tour pour s'imposer au public, et si décidé fût-il « à suivre le genre des animaux,... le peu d'occupation qu'il eut dans les premiers temps l'obligea de se charger de tout ce qui se présentait" ».