WATTEAU PORTRAITISTE
contemporain fait prem'e d'un égal souci du réalisme : Alexis Grimou. II a été 'T, regardé comme un second Rembrandt », dit Mariette, qui n'entend pas d'ailleurs lui faire un bien grand compliment, car il ajoute: « mais il n'a pas été plus loin' ». Grimou peint volontiers ses modèles en fumeurs et en bu\-eurs et il s'inspire souvent des œuvres mêmes de Santerre. Un biographe du xviii' siècle, Malafaire, âuieuv d\in Diclioiuiaire des Peintres qui ne parut jamais, écrit dans une notice du Mercure de Finance consacrée à Santerre, le 22 septembre 171S, qu' •'' un peintre nommé Grimoule a parfaitement bien copié plusieurs de ses ouvrages' ». Cette indication résout un problème particulier; elle permet de concilier l'attribution à Santerre de la Jeiiiie Femme en costume réiiitien du Louvre (n" 836) et l'attribution à Grimou de la môme figure, d'une exécution à peine inférieure, au Musée d'Avignon (n' 130) : il faut simplement ajouter à la seconde : « Copie de Santerre'' ».
Watteau occupe une place importante parmi les portraitistes de son temps. Presque jamais les figures de ses tableaux ne sont imaginées. Il se représente souvent lui-môme dans ses compositions : on le reconnaît, par exemple, dans le Ûûtistc de Wiccord par fait , dans le naufragé du A a uft^ag-eûg. n" 52;,dans lavictime de Qii'ai-Je fait , assassins maudits? Il note aussi les silhouettes de ses amis dans ce livre relié où, dit Caylus, il dessinait sans cesse des études\ et il les reproduit dans les Fêtes galantes. Si nous connaissions mieux ses familiers, nous pourrions sans doute mettre un nom sur tous ses personnages. Le Mczettin guitariste, accompagné de deux jeunes femmes et d'un jeune homme, c'est, Mariette nous l'apprend, Sirois, qui reparaît sous le môme déguisement, accoudé au dossier d'une chaise, écoutant un musicien, dans les Charmes de la vie. Le Gilles des Comédiens italiens ressemble fort au sculpteur Van Clève. D'après une note de Mariette sur l'exemplaire de l'œuvre de Watteau à la bibliothèque de l'Arsenal, Géronte avec ses longs cheveux, sa calotte et sa canne, c'est l'abbé Haranger. Voici Vleughels sur des feuilles de croquis destinées sans doute aux Fêtes galantes, et M. de