‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 229 sur 273 · JEAN RAOUX ET ANTOINE WATTEAU · texte numérisé non relu

JEAN RAOUX ET ANTOINE WATTEAU

le 30 juillet 1712', l'autre le 27 juillet 1715', et comme le 9 janvier 1717 ils n'ont pas encore fourni leur morceau de réception, la Compagnie , s'occupant des « Delays accordés aux Aspirans^ ;/, donne un mois à Tun, et deux mois à l'autre: ils n'apportent cependant leurs toiles que huit mois plus tard, mais le même jour tous deux, le 28 août 1717'. Ils prennent donc séance ensemble, et Raoux, peintre de genre de tempérament, dut mieux comprendre et admirer mieux que tous ses nouveaux collègues V Embarquement pour Cj-thère. Peut-être continue-t-il à fréquenter Watteau dès 1717, mais nous n'en avons pas de preuve; en tous cas il le retrouve en 1720. Watteau part pour Londres cette année-là, et reste en Angleterre jusqu'en 1721'; Jean Raoux passe également huit mois à Londres en 1720 : si les deux artistes n'ont pas voyagé ensemble, ils se sont certainement rencontrés chez les peintres et chez les graveurs français établis en Angleterre, chez Nicolas Dorigny, chez Louis Laguerre, chez Bernard Baron ou chez Philippe Mercier. Ceci est important. Les tableaux de la Ménagerie, des Salons, de Bon Boullogne et de ses élèves semblent d'abord tout à fait étrangers les uns aux autres. S'ils tendent vers un même but, leurs auteurs eux-mêmes n'en ont pas conscience. Jusqu'à V Etnbarquement pour Cythère on peut nier le sens et méconnaître l'importance du moavement qui se prépare. L'œuvre de Watteau lui donne toute sa valeur, et Raoux forme le lien qui unit Watteau aux peintres de genre qui l'ont précédé.

Watteau occupe le premier rang parmi les peintres de genre du xviir siècle; mais Claude Gillot, son maître, tient une place importante à ses côtés. Si Watteau n'avait pas connu Gillot, son œuvre eût été différente, et peut-être moins significative. Gillot emploie déjà la plupart des éléments que son disciple va mettre en œuvre. Il peint des fantaisies décoratives, des scènes de la vie quotidienne, des tableaux des rues, quelques paysanneries galantes

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