‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 230 sur 273 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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5. Ce sont les dates que donne Gersaint. \'oy. Abecedario, t. VI. p. i3i-i 32 etsuiv.; Josz, Watteau^ p. 433, indique, sans preuve d'ailleurs, que Watteau séjourna à Londres de l'automne 1719 à Tété 1720. — Raoux connut sans doute aussi Gillot. Les deux hommes étaient fort assidus aux coulisses de l'Opéra, selon les biographes, et il est très peu vraisemblable qu'ils ne s'y soient pas rencontrés.

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peut-être', des épisodes empruntés au théâtre italien comme le Triomphe d" Arlequin Dieu Pair, des scènes d'opéras galants, Thésée, Bellérophon, Armide, enfin des singeries comme le Siuf^^e malade ou les Jeux de singes gravés par Caylus. Il n'est pas l'égal de Watteau cependant, car il ne voit guère que l'anecdote dans ce répertoire : son goût est proprement pour les grotesques et pour les bambochades. De plus, crayonneur adroit et léger, il est inégal et gauche dès qu'il peint. L'exécution maladroite alourdit la fantaisie, souvent aimable, de sa pensée. A peine rencontre-t-il de temps en temps, par un hasard heureux, ce type d'hommes et de femmes un peu grêles, un peu longs, mais suprêmement élégants, qui sera le type favori de Watteau... ^ Gillot serait inexplicable si les petits peintres de la maîtrise n'a\'aient pas perpétué, même au temps de Le Brun, les traditions de Callot et de Le Nain; mais ses origines directes restent mystérieuses*. Ce n'est pas son père — son premier maître — qui lui a donné l'exemple d'un art souriant, divers et fantaisiste. Le chevalier de La Touche, l'auteur de la seule biographie de Claude Gillot écrite auxviir siècle'', dit que « l'exacte probité [de ce père], la régularité de sa conduite, l'égalité de son humeur et sa piété solide le distinguaient encore plus que la pratique de son art qui ne relevait pas au-dessus des peintres médiocres ». Il envoie son fils à Paris chez Jean-Baptiste Corneille, médiocre peintre d'histoire, capable tout au plus d'enseigner la composition et la pratique matérielle de la peinture. Les biographes ont donc eu raison de rappeler, à propos de Cjillot, le mot de Diderot — un autre Langrois — sur ses compa-

1. A. N'alabrègue, dans CLiude Gillot^ Gaj. des Bcaii.v-Arts, 1899, t. I, p. 385 et suiv., donne la description des principales œuvres de l'artiste et indique l'endroit où elles se trouvent.

2. Mariette écrit à propos de ce tableau, Abecedario, t. Il, p. 3o6-3o7 : « C'est un des premiers tableaux faits dans ce style qui, ayant trouvé une infinité d'approbateurs, a donné naissance à tant d'autres qui sont faits depuis dans le même genre. »

3. Dès le début de sa carrière, même dans ses petites œuvres hâtives, Watteau témoigne déjà d'une science innée de peintre, d'une virtuosité de coloriste, d'un sens de l'élégance et d'un charme qui le placent aussitôt au-dessus de Gillot. La comparaison va s'imposer, pour nous, entre bien des œuvres à sujets semblables des deux artistes, elle ne tournera jamais à l'avantage de Gillot.

4. Gillot étudia certainement Callot, Breughel, Téniers, mais on ne sait comment il les connut. L'influence de Callot sur Gillot a été très nettement démontrée dans l'article de Ph. Burty, dans l'An du XIX' siècle, iSSy, t. II, p. 234.

5. Lanotice du chevalier de La Touche a été publiée pour la première fois dans le Magasin encyclopédique, 1806, t. III, par M. Amanton. Ch. Blanc, qui en fait usage dans la Vie des peintres, l'attribue par erreur à son éditeur. Elle a été mise à profit aussi en i883 et 1899 P^^ ^- Valabrègue, dans ses deux études sur Cl. Gillot, parues dans l'Artiste et dans la Gabelle des Beaux-Arts. '

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