Mémoires, p
^o I/(EUVRE DK COLBERT Ai: XVIII'^ SIECLE
qu'à tairo transporter à Paris, dans son hôtel particulier, 131 tableaux du Cabinet royal'.
Sans détruire l'œuvre de Colbcrt, il eût été nécessaire cependant de l'accommoder aux circonstances. Il aurait fallu, par exemple, réduire les frais d'administration. Le surintendant touche 50 à 32,000 livres d'appointements, plus 8,000 livres comme équivalent du droit d'entrée sur les tapisseries étrangères, plus le logement et le chauffage : Saint-Simon n'exagère pas en évaluant ses revenus à 150,000 li\res-. D'après un état de 1706, le personnel de la surintendance — 14s fonctionnaires — reçoit 345,000 livres'. Ces charges, insignifiantes quand elles n'absorbaient qu'une part minime des ressources, deviennent écrasantes après 1O90. De plus, si une centralisation rigoureuse s'expliquait, s'imposait presque après l'anarchie de l'administration des Bâtiments sous Henri IV et sous Louis XIII', elle aurait eu besoin d'un tempérament eh 1720. Mais personne ne sait le lui donner; personne même, jusqu'à la Révolution, n'en soupçonne la nécessité : bien mieux, les meilleurs esprits du XVIII'' siècle, La Font de Saint-Yenne par exemple, prêcheront le retour à la rigueur colbérienne '.
1. Engerapd, Inventaire des tableaux du Roi , par Bailly, 1899, in-8, Introduction^ p. XIX.