Édit. de 1762, t. IV, p
6. Gersaint, Introduction au Catalof^ue Quentin de Lorangère, dans Mariette, Abecedario, t. VI, p. 134.
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ment réussi dans cette partie s'il en eut fait son principal objet^ ». Le mépris du public est plus complet encore que celui des critiques ; il est plus grave aussi, car le public devient alors le juge suprême. Dès 172s, A\'atteau ne se vend bien qu'à l'étranger. On citerait cent exemples des prix dérisoires auxquels ses œuvres sont cotées en France après sa mort: à la vente d'Angran de Fontpertuis, en 174(1' vingt-trois dessins sont adjugés 10^ 2 sols à Joullain, etVerbuck achète 38 "^ i s. une Sccjie de Tragédie peinte sur bois-. Et ce n'est pas au profit d'un contemporain plus heureux ou d'un successeur plus illustre que le Maître subit cette injustice, mais à celui du grand vaincu de la génération précédente, de Le Brun. Bien qu'en 1720 le feu Premier Peintre appartienne depuis longtemps déjà au passé, à l'histoire, il est encore considéré comme le modèle, comme le maître suprême.
Sans doute Watteau paye, dans une certaine mesure, les fautes de ses successeurs. Ceux-ci poussent souvent son joli libertinage jusqu'à l'indécence et transforment parfois en obscénité inutile sa galanterie spirituelle; leur sensualisme excessif ne plaît pas atout le monde et les critiques maladroits jugent avec la même sévérité la grâce légère et la grossièreté. Mais la vraie cause de la défaveur où tombe le Maître, c'est le crédit que garde pendant tout le XVIII'' siècle ce sophisme qu'énonce encore Renou dans V Esprit des statuts en 1790^ : la peinture d'histoire l'emporte sur toutes les autres, et elle mérite sa supériorité, puisque, pour y exceller, il faut être à la fois bon portraitiste, bon paysagiste, bon peintre d'animaux, de nature morte et d'architecture. Il est naturel, puisque ce préjugé est encore puissant, que touslesefforts tendentà restaurer un genre qu'on voit disparaître avec angoisse. D'Antin, le premier, essaye en 1727 de donner une vigueur nouvelle à la « grande peinture » par son concours entre dix peintres. Les remèdes se suivent, après cette tentative, toujours inefficaces, parfois ridicules ou naïfs \ au milieu
I. Introduction aux Fii^ures de différents caractères, Abecedario, t. \'l, p. 119. Les jugements les plus équitables portés sur lui par les contemporains sont encore ceux d'Ant. de La Roque dans sa notice nécrologique du Mercure de France, août 1721, p. 8i-83. et de Mariette dans VAbecedario.
1. Voy. Virgile Josz, ir<a!//t'jî/,p. '3o3. Le même auteur donne, même page, ennote, une courbe singulièrement instructive des prix atteints par Watteau dans les ventes. On trouvera encore des détails sur les prix des œuvres essentielles de Watteau au XVIII'-" siècle, dans Concourt, VArt du XVIIP siècle, i'" série, p. 4S, note.
3. Renou, Fsprit des statuts et règlements de l'Académie royale de peinture et de sculpture pour servir de réponse aux détracteurs de son régime. Paris, 1700, in-4, p. <"> et suiv.
4. Un certain Vialet, par exemple, proposa en 1770 un système de loterie pour
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des lamentations et des prédictions funestes des critiques. D'Angiviller imagine, entre autres moyens propres à stimuler l'activité des artistes, de payer 3,000^ à 6,000"^, tous les ans, une douzaine de tableaux d'histoire'; mais, en lySg, il est contraint d'avouer luimême l'impuissance de son effort. Le premier commis lui propose à cette date de ne commander que huit tableaux, plusieurs œuvres des années précédentes n'ayant pas encore été livrées, et il refuse parce que les tableaux d'histoire commandés par le roi sont absolument les seuls que les peintres envoient au Salon'-. C'est donc en 1789 seulement que tout le monde reconnaît la victoire complète de la peinture de genre, — au moment même où la peinture d'histoire, rajeunie, renouvelée, va refleurir de nouveau.
permettre d'acheter des peintures d'histoire. On devait émettre 2,000 billets à un louis d'or, soit 48,000"^. Sur cette somme on aurait acheté dix tableaux à 3,boo'^ gagnés par les preneurs de billets. Une somme de 2,400"^ aurait été attribuée au peintre dont l'œuvre était destinée à la gravure, pour qu'il fasse une copie et suive le travail du graveur. On aurait affecté 5,000"^ au graveur et 4,600"^ au tirage de la planche à 2,000 exemplaires, chaque souscripteur ayant droit à un exernplaire. Les tableaux devaient tous être commandés à des académiciens, mesurer 6 pieds de long, sur 4 1/2 de haut. {Noiiv. Arcli. de rArt franc., i888, p. 240, Projets pour encourager la peinture d'histoire et la sculpture.)
1. Les titres des tableaux commandés par d'Angiviller et cités par M. J.-J.Guiffrey (Notes sur les expositions de peinture du XVII P siècle, p. 104 et suiv.) sont caractéristiques.
2. Voy. Décisions de M. dWngiviller sur plusieurs questions relatives au Salon et aux commandes de i~<S(), dans Guiffrey, op. cit.. p. 12G.
APPENDICE