‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 28 sur 273 · Voy. Mém. inéd., t. 1, p · texte numérisé non relu

Voy. Mém. inéd., t. 1, p

5. Ibtd., t. I, p. 71-72, Il faudrait aussi noter la défection de Michel H Corneille, qui quitte pour Mignard l'atelier de Le Brun. Mais son abandon, à lui, n'est entaché d'aucune arrière-pensée d'intérêt, d'aucune ingratitude. Il s'était épris de la belle Catherine Mignard. Voy. Mariette, Abecedario,\. II, p. 8.

Pip

^iwiiil

wteemxfSiismisgrB^^?,)'

A Hii

^j Ww"

iipHmppifiiHipH

«ÉÉMÉiàiiHiiiiiÉiil

lP*y<t--.~>a.-^<;iJ*M'>.afft:.

rx- îî

L'ECOLE DE LE HRUN APRES 1GÎ>0 43

en disant au Premier Peintre, peu de temps avant sa mort, ^<. que quelque parfaits que fussent ses tableaux, il estoit fâché qu'il luy en deust coûter la vie pour en augmenter le prix »*. Malgré les témoignages de vénération qu'on lui prodigue. Le Brun, dès 1691, n'est plus un modèle que pour de vieux amis obstinément fidèles et pour de rares disciples parmi tous ceux qu'il a formés. Le plus grand nombre de ses collaborateurs directs môme, de La Fosse, Jouvenet, Noël Coypel, par exemple, se libèrent sans plus attendre : nous en trouverons la preuve dès la décoration des Invalides.

Ceci s'explique. Seules des volontés impérieuses ont introduit de force l'art du favori de Louis XIV dans notre art. Cette peinture est trop exclusivement réservée à l'exaltation d'un régime, même d'un homme, pour ne pas subir leur fortune. Supprimez-la de notre histoire artistique, le rythme selon lequel l'École française se développe n'est pas troublé. On passe aisément de Poussin à Watteau. et, en 1690, l'action de Poussin est certainement plus puissante que celle de Le Brun. Le Maître des Andelys symbolise alors tous les chefs-d'œuvre français nés de l'inspiration italienne. Dans la querelle des Dessinateurs et des Coloristes, même après 1690, les adversaires ne mettent jamais Le Brun en cause : c'est Poussin seul qu'ils combattent ou qu'ils défendent. Aux séances académiques on relit sans cesse les conférences que Le Brun, les deux Champaigne, Nocret, Loyr ont écrit sur ses œuvres-; Antoine Coypel prononce sur sa Rebecca un discours, malheureusement perdue Les sujets qu'il aimait sont encore en honneur : toute une partie de l'art du xviii^ siècle est en germe dans les Bacchanales. L'œuvre de Watteau même n'est pas si différent de celui du Poussin qu'il le paraît d'abord : les qualités essentielles qui nous charment dans l'un et dans l'autre sont de même ordre; la clarté et la sincérité les dominent tous deux, accompagnées seulement de plus de logique rigoureuse dans l'un, de plus d'élégante fantaisie dans l'autre.

Le Brun et ses collaborateurs — c'est une justice à leur rendre — n'essayent jamais de rabaisser à leur profit la gloire de Poussin. Ils mettent, au contraire, à garder la mémoire du peintre des Andelys une piété et une passion admirables. Le Brun n'oublie pas qu'il a suivi les leçons du maître à Rome; il le répète à l'Académie, et, malgré son admiration pour les Carrache, il leur préfère publiquement

Page 1