‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 30 sur 273 · DE SAINT AUGUSTIN · texte numérisé non relu

DE SAINT AUGUSTIN

BAPTEME

1. Sur l'admiration de Le Brun pour Poussin, Voy. Jouin, Conférences de l'Académie, Paris, i883, in-8, passim; Jouin, Lepeintre CharlesLe Brun, iHSg, grand in-4, p. 200 à 2o3; Journal du voyage du Cavalier Bernin en France, par M. de Chantelou, publié par L. Lalanne. i'885, in-8, p. 227.

2. On ne connaît que quatre tableaux de Le Brun directement inspires de Poussin. Jouin, Ch. Le Brun, p. 52 et suiv.

3. « En réalité, on l'honore d'autant plus qu'on le méconnaît davantage. Il y a une religion de Poussin..., mais cette religion se perd dans toutes les subtilités de la théologie la plus scholastique... Au xviii« siècle on parle toujours de Poussin dans les séances de l'Académie; on affecte de se guider d'après ses doctrines; on lui rend plus d'honneurs qu'on ne lui demande de leçons, ou bien on profite on ne peut plus mal de celles qu'on lui demande. » (H. Lem'onnier, L'Art du temps de Richelieu et de Ma^arin, p. 333-334-)

INFLUENCE DE iMIGNARD

vieux, a-t-on dit. 11 a 80 ans, c'est vrai, mais, depuis 1583, depuis la nomination de Louvois à la surintendance, il est tout-puissant et jamais il n"a pris une seule initiative. D'ailleurs, en 1690, sa vigueur est encore entière. En 1691, Louvois le consulte au sujet de la décoration de l'église des Invalides et il donne des esquisses qu'il prétend exécuter lui-même. Nous avons quatre de ses tableaux peints entre ibço et it>q3, la Sainte (décile de ibçi, la Foi et P Espérance de 1692, enfin le Saint Luc peignant la Viei^ge daté de 1693 ', qui témoignent d'une belle activité.

La vérité c'est qu'il n'éprouve jamais le besoin d'exercer une autorité directe. 11 n'aspire aux places et aux honneurs que par vanité; il se plaît surtout en compagnie des grands seigneurs et des hommes de lettres.

Pendant sa longue carrière à Paris il forme à peine quatre élèves : Laurent Fauchier, Pierre Mignard son neveu, Nicolas Fouché et un certain Carré, peintre flamand-; il n'a qu'un ami sincère parmi les artistes, Dufresnoy. Il n'use pas même de l'autorité effective que lui confère la direction des Gobelins. Lacordaire rapporte, selon une tradition qui demanderait d'ailleurs à être vérifiée, qu'il ne vint jamais à la manufacture. Ses apparitions à l'Académie même sont rares : peut-être, malgré son triomphe, garde-t-il quelque rancune à la Compagnie qui a soutenu Le Brun contre lui. Les académiciens, de leur côté, lui témoignent du respect parce qu'on respecte le Premier Peintre, mais sans plus : ils se souviennent des

FIG. 12. — LOUIS DE BOULLOGNE. — ETUDE DE LA TETE DE SAINT AUGUSTIN DANS « l'aPOTHÉOSE DE SAINT AUGUSTIN )> .

(Coupole de la chapelle Saint- Augustin à l'Eglise des Invalides. — Musée du Louvre.)

1. Ces quatre tableaux étaient au Louvre autrefois. Les trois premiers y sont encore ; le quatrième n'est plus porté au catalogue.

2. Abbé de Monville, Vie de Pierre Mignard, ijSo, in-8, p. 187-1S8.

Page 1