‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 48 sur 273 · Voy. Mercure de France, septembre · texte numérisé non relu

Voy. Mercure de France, septembre

3. Sur le voyage de Favanne en Espagne. Voy. Mémoire pour servir à la vie de M. de Favanne, i-j53, in-12, réimprimé avec le nom de l'auteur. Cousin de la Contamine, dans la Revue universelle des arts, t. XIV, p. 245 et suiv. Voy. aussi. Mém. itîéd., t. II, p. 238 et suiv.

4. Longtemps cet art resta en honneur de l'autre côté des Pyrénées. Un marche passé en 1736 entre Fernand Trequino, ambassadeur du roi, et François Le Moyne demande au peintre pour Sainte-Ildefonse un Parus devant Alexandre. Voy. Nouv. Arch. de L'Art franc. ^ 1877, p. 2 12-21 3. Quel artiste eût alors spontanément songé, en France, à chercher ce sujet défraîchi parmi les défroques de Le Brun. Ce n'est qu'après le départ de Raphaël Mengs que Barthélémy OUivier devient l'apôtre de ■Watteau à la cour d'Espagne.

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plein XVIII" siècle encore, les amateurs n'oiurircjnt qu'à peine leurs galeries aux grands naturalistes et aux grands mystiques. Clément de Ris a pu écrire ses (irands a tn a leurs d'autrefois sans citer d autre espagnol que Murillo, dont la grâce un peu mièvre, un peu trop mièvre, séduit seule le siècle galant '. Si d'Argenville, dans la Vie des Peintres, étudie V'elasquez et Ribera, il ne soupçonne pas qu'ils représentent un art original : il les classe parmi les peintres d'Italie, dans une subdivision de l'école napolitaine. Ce n'est qu'au temps du romantisme qu'on rendra justice en France à la peinture espagnole.

On s'expliquerait mieux que les successeurs de Le Brun n'aient

V lie iw aun, Clément et C'' ,iL\KsrRi;. — SAINT BiiNiMi iii-;ssi si.i lA.N r i.knfant mort. (Musée dii Louvre )

rien demandé à l'art des Pa3's-Bas : la Hollande est protestante et Louis XI'V la combat; ses peintres semblent trop sobres, trop discrets pour la société française de l'ancien régime : ils sont cependant plus recherchés que les Espagnols, à la fin du xvir siècle. A vrai dire, les Français de ce temps n'admettent pas encore une école hollandaise : de Piles, par exemple, ne reconnaît pas l'existence aux Pays-Bas d'une réunion de maîtres d'origine identique travaillant selon une même méthode, avec un idéal commun; il étudie bien les Hollandais, mais il les classe parmi les Flamands ou parmi les Allemands. 11 y a trop peu de temps qu'on regarde les œuvres étrangères non italiennes et la critique est trop rudimentaire encore

I. A la vente de Mme de Verrue, deux Murillo sont vendus 2,999"^ 19 s. (Charles Blanc, Trésor de la Curiosité, t. I, p. 16.) A la vente de Julienne, les Noces de Cana de Murillo montent à 6,000 "^. (Clément de Ris, Les Amateurs d'autrefois, p. 3o8.)

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pour qu'on puisse distinguer d'un Téniers, les petits maîtres des Pays-Bas qui lui ressemblent seulement parle goût des scènes de genre. Toutes les œuvres qui ne peuvent être llamandes dans la production hollandaise sont attribuées à l'Allemagne parce que les contemporains croient toujours à la vitalité de la vieille école allemande. Personne ne s'aperçoit que l'art allemand est mort sous les coups de l'italianisme, au milieu des pillages, des bouleversements de la guerre de Trente Ans, et que tous les peintres de l'Allemagne contemporaine vont se former aux Pays-Bas'.

Rembrandt est un Flamand aux veux des artistes français, mais

LOUIS DE SILVESTRE. — L INCENDIE IMAGINAIRE lEI'ISuDE DE LA \1E DE SAINT UENOITj.

(Musée de Bruxelles.)

tous les défenseurs de Rubens ne lui témoignent pas une égale admiration-. Beaucoup l'ignorent, et ceux qui le connaissent le comprennent rarement. Son réalisme sans concession, l'absence

1. Tous les artistes français qui visiteront l'Allemagne rapporteront de leur voyage une éducation hollandaise. Poerson est un des rares contemporains qui aient eu conscience de la décadence complète de l'art allemand : « Le sieur Edelinck, écrit-il, qui a eu la disgrâce d'être longtems en Allemagne, qui est une mauvaise école pour les sciences... » {Corresp. des direct., t. III. p. 33S). « Le sieur Edelinck continue aussi à dessiner, chose dont il avait grand besoin, car en Allemagne... où il a passé plusieurs années, c'est une science inconnue que le dessein, qui est cependant la base de cette profession (la gravure). » {Ibid., t. III. p. 385.)

2. Le roi en 1709 n'avait qu'un Rembrandt dans son cabinet « représentant son portrait ayant une manière de toile blanche sur la tète qui lui sert de bonnet. » ( Vov. Engerand, Inventaire... de Bailly, p. 267-26S.)

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de tout attirail décoratif et C()n\-enti<)nncl dans son œuvre les choque. De Piles lui reconnaît un beau génie, un esprit solide-, une verve fertile, mais « parce qu'avec le lait il avait sucé le goût de son pavs... qu'il avait été élevé dans une vue continuelle d'un naturel pesant..., ses productions se tournèrent du côté de son habitude, malgré les bonnes semences qui étaient dans son esprit... 11 en a quelquefois relevé la bassesse, mais... il retombait facilement dans le mauvais goût auquel il était accoutumé * ». Antoine Coypel est moins sévère: « Les ouvrages de Rembrandt, dit-il, qui paroissent les plus touchez et môme les plus brusquez, sont d'une recherche iniinie et sont peints avec autant de suavité et de rondeur que ceux du Corrège où l'on n'aperçoir aucune touche'- >/. Quant à Rigaud, il porte au maître un culte assez fervent; en 1703 il possède déjà sept de ses œuvres et il s'en inspire dans ce portrait d'homme-' du Musée de Cologne, au clair obscur si nouveau ', dans la Présentalion au Temph du Musée du Louvre, œuvre unique, peut-être, au catalogue de la première moitié du xvni'' siècle par son ordonnance pittoresque, par son éclairage volontaire qui s'accroche aux plis d'une étoffe, caresse une figure, baigne dans un rayon la Vierge et l'Enfant et laisse dans la nuit, au contraire, la foule des comparses, saint Joseph, les prêtres, les serviteurs du temple^. D'autres peintres encore tirent profit de Rembrandt : Alexis (itimou le copie sans cesse dans sa jeunesse'': au Salon de 1704, Louis de Boullogne expose une tète '•' dans le goût de Rembiandt";» la môme année, Michel-Jacques Serres présente à l'Académie, comme morceau de réception, une Têts de Bacchante désignée de la même manière"*; dans la Jardinière de J.-B. Santerre (au Musée d'Orléans), enfin, Eudoxe Marcille a reconnu la copie d'une toile du Maître conservée à l'Ermitage''.

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