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Michel-Ange Houasse'. Jean Ranc, parti pour quelques mois" seulement, s'installe définitivement à Madrid et y meurt en 1734. La princesse des Ursins fait venir, sur la recommandation du marquis d'Aubigny, Henri de Favanne, qui passe dix ans à TEscurial et à Madrid^. Ces hommes introduisent dans la Péninsule Fart de Le Brun, déjà démodé en France d'ailleurs', mais ils restent insensibles aux séductions de la grande école espagnole. A Paris, en
1. Bien des erreurs ont été commises à propos des voyages de peintres français en Espagne au début du xviii« siècle. René-Antoine Houasse, si l'on en croit les historiens, aurait travaillé h Madrid, Papillon de la Ferté affirme qu'il y séjourna du vivant de Le Brun et revint en 1092. Mais Papillon est contredit par Bermudez, pour qui r^.-A. Houasse \ int en Espagne au début du règne de Philippe V. Nagler confirme Bermudez en assurant que le peintre fut nommé recteur à son retour d'hspagne. Cette nomination est de 1701. Dussieux indique la contradiction des biographes sans essayer de la résoudre. Mais un récent historien de l'art espagnol combine tous ces textes sans trop de réflexion et il en tire que « Philippe V, la paix une fois conquise », ne trouvant pas d'artiste en Espagne, s'adresse à Le Brun qui lui envoie Houasse (P. Lefort, La peinture espagnole, p. 257). Or, Le Brun meurt en 1690 et Philippe V monte sur le trône en 1700. En réalité, Houasse père n'a jamais été en Espagne. Il n'a pu v aller en 1692 comme le veut Papillon : dés le 26 janvier de cette année, il est nommé trésorier de l'Académie et il assiste à la séance du 5 janvier; son nom figure au Procès-verbal, de même qu'il figure aux procès-verbaux de toutes les séances de 1688, 1689, 1690, 1691. Il n'a pu y aller non plus de 1692 à 1699, dates entre lesquelles il exerce régulièrement ses fonctions de trésorier. En 1699, Mansart le nomme directeur de l'Académie de France à Rome. Il occupe ce poste jusqu'en 1704 et c'est à Rome qu'il apprend son élection au rectorat. En 1705, il revient directement à Paris sans passer par l'Espagne et reprend ses fonctions de trésorier qu'il n'abandonne qu'un an avant sa mort, le 23 mai 1709, « estant dans un état valétudinaire ». Ce n'est pas à ce moment qu'il est parti.
Une phrase de Piganiol semble indiquer que L. de Boullogne visita aussi l'Espagne : « Toutes ces peintures, dit-il, sont dignes de la réputation qu'il a eue et qui l'avait fait choisir par Philippe de France, roi d'Espagne, pour être son premier peintre. » (Piganiol, Descript. de Versailles, éd. de 173 1, t. L p. 70.) Les Procèsverbaux paraissent confirmer le fait. « Aujourd'hui, lit-on le 3i décembre 1704, M. de Boullogne l'aisné a pris congé de la compagnie pour un voyage qu'il doit faire en Espagne au premier jour. » (Proc.-verb., t. III, p. 408.) Cependant Boullogne n'est jamais parti. Les Procès-verbaux de 1 705-1706 et années suivantes portent régulièrement sa signature. C'est l'époque où il obtient la décoration de la chapelle Saint-Augustin aux Invalides et ce travail sans doute le retient à Paris.