‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 77 sur 273 · KS PENSIONS DKS ETUDIANTS · texte numérisé non relu

KS PENSIONS DKS ETUDIANTS

cst-il dans le morne temps élc\-e de Largillière, et le grand portraitiste semble avoir eu la plus grande part à la formation de son talent.

Si le roi, dont la sollicitude pour l'Académie ne s'est encore jamais démentie, favorise la corporation en 1705, c'est que la Compagnie a trompé sa confiance et a obstinément désobéi à ses ordres. Louis XIV voulait l'école gratuite. Cependant, comme les charges de l'Académie naissante sont lourdes, il tolère d'abord le prélèvement de droits d'étude : 10 sols par semaine', un écu d'or au moment de l'inscription et 50 sols par quartier pour les <•< billets de protection ». Mais, dans la suite, il exige à plusieurs reprises et ne peut jamais obtenir la gratuité définitive. En 1694, il ordonne une dernière fois la suppression des redevances scolaires, et comme Mansart les rétablit en 1699 de sa propre autorité", il se décide enfin à sévir en favorisant l'établissement d'une école rivale. La responsabilité de Mansart dans cette affaire est certaine. Généralement le surintendant n'est pas très empressé à remplir ses devoirs de protecteur envers LAcadémie; en 1706, au contraire, il défend les intérêts de la Compagnie avec une très grande sollicitude parce qu'il se sent atteint lui-même par la mesure royale.

Louis XIV avait rêvé mieux encore que la gratuité des leçons : il aurait voulu pensionner tous les jeunes artistes. Le 2 janvier 1693, Mignard lit à la Compagnie un ordre ''< par lequel il paroist que Sa Majesté veut que la pension s'étende à tous les Élèves de l'Académie^ ». Comme l'état des finances ne permet pas cette libéralité, on essaye au moins de supprimer les abus qui entachent la répartition des fonds attribués aux étudiants. En 1689, déjà, la Compagnie prie, mais sans effet, le surintendant de remplacer les pensionnaires « capables de gagner raisonnablement pour vivre* »; en 1691 elle demande l'autorisation de limiter à trois années le bénéfice des pensions''; en 1692, enfin, elle fixe sa durée maxima à quatre ans'' : mais cette règle n'est jamais appliquée. Paillet touche régulièrement 22 "^ par mois pendant sept ans. Desormeau, Lassurance, pendant cinq ans, François Houasse, les frères Nattier plus longtemps encore. Une trentaine de jeunes peintres, à peine, participent aux libéralités royales de 1600 à 1715 : les Comptes nous ont

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