‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 87 sur 273 · FIG. J2. — ANTOINE COYPEL · texte numérisé non relu

FIG. J2. — ANTOINE COYPEL

-CROQUIS DE FIGIRES, D APRES DES TABLEAUX DE LA GALERIE DE MÉDICIS PAR RUBENS.

(Musée du Louvre. Dessins.)

les copies de YJncendie du Bourg, du Parnasse, de VAîtila commencées depuis plus d'un an, et il essaye de les excuser, 'k Ils ont employé beaucoup de temps à copier ces tableaux, attendu l'obscurité des lieux où ils sont et le mauvais état auquel le temps les a mis, les fresques étant presqu'effacées*. » Voilà les Stances responsables de l'inertie du directeur et de la paresse des étudiants! Houasse ne prend guère qu'une initiative pédagogique intéressante pendant son directorat : il crée à l'Académie une petite bibliothèque à l'usage des pensionnaires; il achète la Bible, V Histoire romaine, les Métamorphoses d'Ovide, ïlliade, le Dictionnaire de Moreri, la Mythologie de César

I. Corresp. des direct.. Lettre du 12 septembre 1702, t. III, p. Sq.

112 POKRSON DlRKCTEUli DE L'ACADKMIK Di: ROME

Ripa, Y Architecture de Vitruve, quelques traités de géométrie et de perspective * : les livres strictement indispensables, en 1700, à l'instruction et au tra\-ail des peintres.

Nommé à l'Académie par le roi en 1704, Poerson n'oublie pas que Mansart a lait badigeonner ses fresques des Invalides; jaloux de peupler l'administration de ses créatures, le surintendant enrage de ne pas disposer du poste de Rome : aussi les relations des deux hommes, empreintes d'une affectation de respect d'une part et de politesse de l'autre, sont en réalité très tendues. Mansart ne témoigne peut-être tant d'indifférence hostile à l'Académie de 1704 à 1708 que pour contraindre Poerson à démissionner. Celui-ci se ciécourage enfin en 1707 et demande ci revenir, mais il conseille en même temps la suppression de l'Académie qui, dit-il, ne rend plus aucun service. Ni les peintres, ni les sculpteurs, ni les architectes n'apprennent rien à Rome : « A l'esgard de la Peinture, les lieux où sont les belles choses qui ont aquis tant de réputation à cette \"ille sont quazi touttes ruinées et de plus fermés aux étudiants, de manière qu'il y a peu de fruit à en espérer et beaucoup à craindre de l'oisiveté que les jeunes gens contractent aisément en ce païs^ ». Mais Mansart meurt et Poerson reprend courage ^ De 1708 a 1724 il travaille à relever la maison qu'il avait voulu détruire. Il ne s'intéresse pas beaucoup plus aux pensionnaires que son prédécesseur : à peine parle-t-il hâtivement de leur travail entre un écho sur le cardinal Albano et une nouvelle sur les troupes allemandes ; mais il est ambitieux et adroit. Philiberte de Chaillon

1. Con-esp. des direct.^ Lettre du i5 décembre 1699, t. III, p. 26. De Piles, dans une des Remarques sur l'Art de peinture de Dufresnoy (édition de 1767, p. i3i et suiv.), nous donne une autre liste plus complète des ouvrages nécessaires aux peintres. 11 est intéressant de la reproduire ici : La Bible; — Joséphe, Histoire des Juifs; — Coeffeteau, Histoire romaine; — Tite-Live (traduction de Vigenere) ; — Homère; — L'histoire ecclésiastique de Godeau ou VAbrés^é de Baronius; — Les Métamorphoses d'Ovide, traduites par du Rier; — Les Tableaux de Philostrate; — Plutarque, Hommes illustres; — Pausanias ; — Du Choul, La religion des anciens Romains; — La colonne Trajane avec les Discours qui en expliquent les Jîgures ; — Les livres de médailles ; — Les bas-reliefs de L^errier et autres avec leurs explications; — L'art poétique d'Horace; — certains romans, quoique la mythologie y soit souvent travestie ; — La Mythologie des Dieux ; — Les images des Dieux ; — L'Iconologie; — Les Fables d'Hyginius; — La perspective pratique; — Le traite de peinture du Vinci. — Les ouvrages sur les beaux-arts de Lomazzo, de J.-B. Armenini, de Franc. Junius, de Chambray, de Félibien.

2. Corresp. des direct., Lettre du 23 juillet 1707, t. III, p. 208-209.

3. « Il a paru à M. Poerson qu'il revenoit à la vie quand il a senti les premiers effets de votre attention », écrit le 18 juillet 1708 l'abhé de Polignac à d'Antin. (Corresp. des direct., t. III, p. 224.)

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