LES ECOLES ACADEMIQUES DE PROVINCE
Moyé, sa femme, est une maîtresse de maison accomplie*; il reçoit lui-même avec beaucoup de grâce la noblesse romaine et la colonie française. A défaut de prospérité réelle il donne à TAcadémie un éclat apparent qu'elle gardera jusqu'à la Révolution. Sans retrouver la valeur pédagogique de ses débuts, elle conservera au moins une dignité qu'elle avait perdue au temps de La Teulière et de Houasse.
L'Académie de peinture et de sculpture ne possède, malgré les apparences, aucun pouvoir effectif, ne jouit même d'aucune autorité morale hors Paris -.
Tous les artistes des provinces échappent à sa tutelle. Ces indépendants menacent l'édifice élevé par Colbert, et celui-ci pense conjurer le péril qu'ils font courir à son œuvre en créant, dans les grandes villes du royaume ^ des écoles acadé-
1. Après la mort de Poerson, elle reçoit une pension du roi, et, aveugle, obtient l'autorisation de demeurer jusqu'à sa mort dans l'Académie où elle a vécu.
2. Bernard du Puy du Grez,dans son Traité sur la peinture, Toulouse, 1690, est à peine renseigné sur le caractère de l'Académie, son fonctionnement, sCo rapports avec l'académie de France à Rome et l'académie romaine de Saint- Luc qu'il confond (p. 23).
3. Voici quelles sont les principales prescriptions des statuts de 1G70 relatifs aux académies de province. Ces institutions ontpourbutuaiqued'enseigner'lesbeaux-arts. Elles sont placées sous la direction et l'administration des officiers de l'Académie de Paris. Le protecteur de chaque académie a le droit de choisir lui-même le vice-protecteur, mais l'Académie de Paris nomme elle-même les gouverneurs de chaque école. Ces gouverneurs doivent se conformer aux principes et aux manières d'enseigner de l'Académie de Paris et soumettre, quatre fois par an, à la Compagnie les travaux de leurs élèves.
FiG. :>:>.
ANTOINE COVPEL. — ÉTUDE DE PERSONNAGES POUR " LA DESCENTE D'ÉNÉE AUX ENFERS ".
(Musée du Louvre. Dessins.)