‹ La peinture française au début du dix-huitième siècleChapitre 99 sur 273 · Mcni. inéd., t. II, p. 2G · texte numérisé non relu

Mcni. inéd., t. II, p. 2G

LES ARTISTES PAUVRES i23

Marie Baronneau, la fille d'un horloger de Marie-Thérèse. La femme de François Tavernier, secrétaire de l'Académie, est fille d'un chirurgien juré, François Doly; celle de Louis Galloche, Louise- Catherine Maillard, d'un marchand fourreur. Desportes épouse une lingère dentellière -r. qui joignait aux agréments d'une aimable femme les qualités solides d'un honnête homme* //. Mlle Froissié, la femme d'Oudry, est la fille d'un marchand miroitier à laquelle l'artiste donne des leçons et qu'il épouse très jeune, sans un sou vaillant.

Pour beaucoup la fortune est lente à venir. Cathcrinot, qui nous a laissé de curieuses notes sur la peinture, souvent spirituelles, riches en boutades paradoxales et en documents, écrit : -r Les peintres n'ont souvent de pain que quand ils n'ont plus de dents-. » Desportes, au début de sa carrière, accepte toutes les besognes, '< travaillant pour d'autres peintres, pour des entrepreneurs, dans des plafonds, dans des décorations de théâtre... faisant enfin tout ce qui se présentait^», et sa femme ne vend son fonds de lingerie que plus tard, quand il peut subvenir seul aux besoins du ménage. Au début de leur mariage, Oudry et sa jeune femme travaillent de compagnie au pont Notre-Dame : la première année ils gagnent 900* à peine. Plus tard, il est vrai, à l'apogée de sa carrière, Oudry gagnera 10,000"^ sans compter ses postes et ses logements qui vaudront bien 8,ooo"^\

D'autres sont moins heureux et meurent dans la médiocrité, faute de place" : c'est le sort de Noël-Nicolas Coypel. Frère consanguin d'Antoine, il n'a pas moins de talent que son neveu Charles-Antoine, premier peintre de Louis XV ; son nom glorieux doit, semble-t-il, lui procurer des commandes, lui concilier la faveur royale : cependant sa vie est difficile et il meurt presque dans le dénûment. A l'Académie il ne s'élève pas au-dessus du professorat; on l'oublie dans les commandes officielles; au concours ouvert en 1727 par d'Antin entre douze peintres, les amateurs éclairés désignent son tableau pour le prix ; il n'eût pas obtenu de récompense cependant si

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