‹ La peintureChapitre 11 sur 41 · OU REMBRANDT EST PRIS A TÉMOIN 2Q · texte numérisé non relu

OU REMBRANDT EST PRIS A TÉMOIN 2Q

l'insignifiance relative des artistes qui se sont dépaysés, des Both d'Italie et autres flamands transalpins, surtout lorsqu'on les compare aux peintres restés fidèles au foyer natal, comme les Ruysdael, les Hobbema, les Rembrandt !

Je prends ce dernier au passage comme étant mon plus merveilleux appui pour ce que je dis de la vérité de fonds, seul élément sacré de l'art et de l'insignifiance de certaines inexactitudes vénielles dont les médiocres font grand état. Ainsi l'anachronisme proprement dit n'est rien lorsqu'il ne trouble pas la vraisemblance morale.

Aucun artiste plus que Rembrandt n'a approfondi le sentiment du christianisme. On peut l'appeler le vrai peintre du Christ. Il en a été le voyant. Et pourtant personnelle s'est moins préoccupé de l'exactitude archaïque ni de la couleur locale de l'histoire ; il n'en voit que le sentiment expressif.

Et l'impression l'a emporté à des hauteurs si prodigieuses, qu'il n'a pas eu besoin de la beauté plastique pour faire resplendir la beauté divine.

Oui ! tel est le miracle de l'impression première développée et soutenue, chez ce génie solitaire et méditatif, par un intrépide et opiniâtre labeur.

C'est à Amsterdam, à moitié ville d'Israël, c'est dès son enfance, dans une sorte de pénombre

LES LOTS ESSENTIELLES

illuminée par la transfiguration chrétienne, que Rembrandt s'est imprégné des caractères de la race juive et des premières lueurs évangéliques. Telle est la source de la céleste auréole d'idéal qu'il verse sur ses toiles et sur ses eaux-fortes, transformant, par un divin prestige, des êtres et des choses qui, ailleurs seraient grotesques ; ces houppelandes et ces bonnets en fourrures de bourgmestres-notables de Jérusalem et ces bizarres chapeaux hauts de forme de ces mendiants-fantoches.

Tel est le secret du rayonnement surhumain qui, en dehors des données de la beauté ordinaire, fait du Christ des Disciples cVEmmaiis, une œuvre vraiment céleste, le sublime miracle de l'impression.

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