AGGLOMÉRATION MAIS NON COHESION
sèment ; tu nous as fait pousser des cris d'enfants ravis et pourtant tu n'as rien de commun avec notre art aux harmonies plus recueillies, plus profondes aussi, plus intenses en beauté. Hélas ! aucun miracle de coloris ne peut compenser l'abandon de la forme.
« Aussi, clamaient les bons esprits, Aoilà que notre Muse nous quitte. Elle fuit notre fin de siècle et nous l'invoquons en vain ! Ah ! gémissaientils, c'est que le dévergondage est une des maladies de la fin de ce grand xixe siècle dont bien des faces restent troubles sous tant de lumières découvertes par son génie. On dirait que son goût défaillant, humilié à côté de ce génie même, et comme pour s'en distraire, s'amuse, ainsi que sous l'Empire, à s'étourdir dans de pernicieuses frivolités. C'est que la science purement matérialiste trouble plus les artistes qu'elle ne les éclaire. Que de peintres prennent l'étrangeté pour l'originalité! Que de poètes aux facultés sensitives très affinées, trouvant le vide au fond de ce matérialisme, se livrent au lyrisme d'un piétisme superstitieux et sensuel qui, dans un rythme béquillard, chante l'amertume de leurs plaies ! . . .
Et moi aussi, lecteur, je me sentais triste et découragé.
l'odyssée DE LA MUSE
J'avais perdu de vue tous les fertiles éléments de vie qui nous entourent. Je me laissais aller aux lamentations contre le désordre et les menées mercantiles abâtardissant l'art. . . , contre toute cette réclame qui avait fait fuir notre chère Muse... et je l'invoquais, cette chère Muse, et je désespérais lorsque. . .
Retour de la muse pour saluer le xxe siècle.
... et je désespérais, lorsque; toc! toc! quelqu'un frappe à ma porte. J'ouvre ; c'était l'immortelle dame Impression qui me faisait l'insigne honneur de répondre une seconde fois à mon appel. Je reculai ébloui. Elle était adorable dans son éternelle jeunesse et son inaltérable beauté. Dans le même souffle d'aurore semblaient trembler les harmonieux plis de son peplum léger. Aucun atour artificiel. Seulement je remarquai, sur son front, au lieu d'une simple couronne de feuillage, une exquise guirlande d'orchidées ondulant autour de sa tête divine, librement mêlée aux tresses d'or.
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Cela lui donnait je ne sais quoi de moderne qui l'eût rajeunie si elle en avait eu besoin.
Ravi et confus, je m'empressais de chercher le fauteuil qui fût le moins indigne de lui être présenté ; mais elle s'était déjà assise sur la première chaise rencontrée.
Pendant que je balbutiais des excuses, prosterné en adorateur, elle me jeta un regard magnanime dont je sentis le rayonnement m' envelopper tout entier, et, elle commença aussitôt sans préambule : (( Parle, me voici ! ))Et comme je restais interdit et sans parole... elle continua : (( Il me semble que tu étais en train d'écrire? — Oh! noble Muse, implorai-je, oui j'écrivais et vous me le pardonnerez vous qui avez écouté avec indulgence le violon de M. Ingres ! Je vous prie d'ailleurs de tenir compte d'une circonstance atténuante ; j'écrivais votre éloge. — Veux-tu m'en lire quelques pages ? — Très volontiers ! »
Je commençai d'une voix tremblante, puis je m'animai... Mais je ne tardai pas à surprendre, sur son exquis visage, des signes d'une distraction évidente, son regard me faisant l'injure de regarder mes chevalets où dormaient mes toiles. J'en éprouvais une refroidissante inquiétude, et lorque j'eus fini mon chapitre : elle fit simplement : « Oui ! »
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J'en avais espéré davantage et, un peu déconcerté, je murmurai: ce Peut-on savoir votre?... — Eh bien, cher maître ! («cher maître», aurais-je été solennel, mon Dieu !) tu perds un temps précieux! » Tout aimable que fût cette réponse, elle me fit rougir non de modestie... mais... Je n'eus pas le temps de finir ma pensée. . . Elle continuait : « Oui, précieux. . . (merci !) mais tes raisonnements sont sages et vains. Pourquoi dans ce long discours sur l'Impressionnisme, t'échauffer ainsi à propos d'une évolution que tu constates sinon excellente, du moins opportune. L'art ne périra pas pour quelques excès passagers. Le temps, ce vieil éplucheur, mettra au panier ce qui ne vaut pas la peine d'être regardé et gardé. Combien j'en ai vues de ces pré tendues révolutions en art, où les efforts, les agissements personnels qui font tant de bruit, modifient si peu son entraînement sur la pente des siècles.
« Souvent l'artiste révolté ne regarde plus qu'un seul élément, qu'un seul attribut inscrit sur son drapeau, néglige tout le reste et se perd.
« On croyait apporter la lumière, le moindre zéphir l'a éteinte.
« On croyait apporter de généreux matériaux à la forge et on n'y avait mis qu'un peu de paille et le tout s'échappait en fumée après une courte flambée.
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a En ai-je vus de ces avortons à la suite d'un astre plus ou moins authentique, entraînés en queue de comète, à l'état gazeux !
« L'art est multiple. Il y a mille façons d'interpréter des lois immuables qu'il n'a pas le droit de transgresser. C'est dans les limites de leur élasticité qu'il peut évoluer en liberté. Le champ est assez vaste pour donner carrière à tous les tempéraments.
(( — Mais, interrompis-je, noble Muse, qui nous apprendra ces lois immuables et à la fois si commodes ? Les hommes de génie qui les pénètrent n'ont guère le temps ni la volonté de les enseigner ?
(( — C'est pourquoi, répondit la Muse, vous devez tous, artistes, les rechercher vous-mêmes. L'expérience des autres ne sert guère à grand 'chose ici, faute de juste adaptation au tempérament de chacun.
« D'ailleurs la nature ne se donne qu'à ceux qui sont assez forts pour la dompter.
a Les génies sont la gloire des écoles et les délices de nos yeux, et pourtant leur trop grande influence a amené plus de décadence que de progrès. Celui qui vient après eux ne les continue qu'à la condition de recommencer leurs efforts et leurs recherches, tout en s'éclairant à leur lumière.
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C'est ainsi qu'il grandit dans le sens de sa propre originalité.
« L'art sans cesse se modifie, acquiert plus ou moins d'habileté, se transforme même, exalte ou tempère son éclat ; mais progresse-t-il véritablement?
(( Tout tient au don que l'artiste a reçu d'Apollon et à l'usage qu'il en fait. Un peintre de génie, même de la plus mauvaise époque, a plus de droits a l'admiration et à l'amour, que le plus sage élève de la plus brillante, si celui-ci en manque. Un artiste ne comptera dans l'histoire que pour ce qu'il y aura apporté de soi-même.
« — Mais, dis-je, chère immortelle, vous qui avez parcouru les siècles, avez-vous vu souvent ce génie être le plus apprécié et le plus heureux durant son exis tence ?
« — Mon Dieu, reprit la Muse, cela dépend de ce que tu appelles succès et bonheur? Certes, la médiocrité intelligente et habile est la meilleure condition pour éviter les orages et arriver à une confortable situation et même aux honneurs. La Providence a voulu cela, parce que la médiocrité forme la moyenne, c'est-à-dire l'immense majorité et elle a trouvé jiiste de lui laisser le bonheur plus facile. Ce bonheur d'ailleurs ne peut être profond; tandis qu'elle laisse au génie la plus intense
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des joies, celle de la création et des divins tressaillements qui l'accompagnent.
« D'ailleurs le génie est irrésistible à ses débuts, lorsqu'il s'impose aux acclamations du public qu'il surprend et, chez qui il provoque d'abord la satisfaction généreuse d'un juste désintéressement.
« Mais si c'est avec plaisir que ce dernier applaudit aux débuts de toute gloire, il se reprend et se tourne contre elle, lorsqu'elle s'élève trop. Cette satisfaction généreuse se change alors en humiliation. C'est pourquoi les personnalités tout à fait supérieures rencontrent toujours des moments amers, si elles doutent d'elles-mêmes.
« Les forts, conscients de leur force, y puisent au contraire, d'âpres encouragements. Maïs même dans ce dernier cas, une très longue vieillesse donne seule la gloire respectée de tous. Car l'envie est lente à user ses dents.
D'ailleurs tout homme favorisé du ciel, doit se faire pardonner ce privilège. Si l'injustice le stimule, qu'il s'en venge par un surcroît d'énergie dans ses productions, très bien ! Mais pourquoi s'échauffer la bile? A quoi bon les plaintes? Que sa bonté reste aimable! Surtout que son attitude ne semble pas un reproche envers ceux qui, quoique moins doués par la nature, sont pourtant plus choyés par le monde.
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(( La lutte triplera ses forces. C'est sous ses coups d'éperon qu'il franchira les obstacles et que son âme torrentielle entraînera dans le courant les vains cailloux des barrages. Crois-tu que les huées des aveugles trompés par une clairvoyance intéressée, puissent enlever grand' chose à l'allégresse incomparable de se sentir, sur les ailes de l'inspiration, emporté irrésistiblement dans son rêve généreux.
« Mais, ajouta la Muse, il me semble que nous sommes loin de l'impressionnisme qui paraissait être l'objet de cette improvisation. Revenons à notre point de départ.
« Puisque la destinée de l'art est de se modifier sans cesse, l'engouement delà nouveauté n'est que trop naturel... Il peut même y avoir dans l'imprévu des étrangetés qui ne sont pas à dédaigner. C'est ce qui excuse certaines erreurs impressionnistes. Certes le jour où je t'ai rencontré à leur première manifestation, c'était parfois insensé. . .
« Mais les fous attirent les yeux des sages suides choses que ces derniers n'auraient pas vues et dont ils tirent parti. Tiens, cette guirlande d'orchidées pour laquelle tu viens de me faire compliment, sais-tu qui me l'a envoyée? Cherche... Tu donnes ta langue aux chiens... Eh bien! c'est ce lutin de Caprice, mon petit cousin...
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« — Je vous croyais brouillés à jamais !
« — A jamais ! Une faut pas prononcer ce mot désespérant ! Certes nos rapports ont été mille fois tendus et plus qu'orageux. Je pense beaucoup de mal de ce brouillon... Mais il est parfois gentil... mauvaise tête bon cœur !
Il fait aussi grand tapage ; mais il ne bat pas la grosse caisse pour le profit de son escarcelle.
(( Il est vrai qu'il se moque un peu de tout ; de lui-même et principalement des nombreux bons bourgeois qui. conscients de la banalité de leur propre goût, font profession de lui faire la cour, pour paraître malins et du dernier bateau ! . . . Mais il a aussi des beaux élans de sincérité. Il fait contrepoids aux innombrables gens qui aiment la banalité. Il y aura toujours une opinion publique entre les deux courants, la vraie. Les fous ont du bon ! »
J'étais consterné d'entendre une Muse si familière en son langage et si tolérante.
Elle continuait : « Les contemporains se jugent mal ; et la justice se fait plus tard, sans empêcher les oscillations du goût de continuer. Aujourd'hui on aime mieux ceci, demain on préférera cela. .. les anciens ne sont pas exempts de la mode. C'est que mon étrange et gentil cousin est immortel comme moi, et qu'il fait et fera toujours le désespoir et aussi l'amusement de l'Olympe.
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(( Et puis que d'indisciplinés finissent par se ranger! Que de fois, par les siècles, on a cru que je mettais du vin dans mon eau lorsque c'était le Caprice qui mettait de l'eau dans son vin !
« Les chefs-d'œuvre, lorsque les passions publiques qui les ont vus naître s'apaisent, portent tous leur marque indiscutable et trouvent consécration.
« Je me souviens que les connaisseurs d'Amsterdam fêtaient des porcelainiers comme Van Mieris et VanderWerf, tandis qu'on vendait, par autorité de justice, les meubles, les bibelots et les tableaux de Rembrandt abandonné de tous et que je consolais en lui inspirant ses derniers et plus beaux chefs-d'œuvre.
« Eh bien ! Rembrandt n'en est pas moins l'immense Rembrandt.
« — Ai-je été trop sévère, ô Muse?
« — Non, je le suis davantage pour le manque de forme, le principal Aice d'aujourd'hui. Tout doit commencer en art pour revêtir une forme. Là. où elle est absente, il n'y a rien !
« Je veux aussi appuyer sur un conseil très utile et que tu feras bien de répéter aux jeunes artistes ; c'est de bien établir la base de l'œuvre qu'ils projettent. Les plus beaux rêves, sans cette précaution, s'en iraient en fumée de cigarette. Qu'ils étudient
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tout ce qui, de près ou de loin, touche à leur art. Qu'ils ne craignent rien de la vraie science et de la méthode qui en découle. Elle ne donne pas le génie, mais elle peut le servir puissamment en lui apportant, avec plus de facilité et moins de peine, une plus grande ressource de moyens. Léonard de Vinci dont j'ai pénétré l ame idéale, ne craignait pas de pencher la tête vers les études exactes. Cela ne l'a pas empêché de créer ce chef-d'œuvre de sentiment, ce divin sourire de Sainte Anne qui éclaire encore le Louvre et semble illuminer l'art tout entier.
« On ne travaille jamais trop lorsqu'on ne se surmène pas, on ne sait jamais assez lorsqu'on sait bien ; mais on a tort de s'acharnera se creuser la tête dans le Aide : les efforts alors ne fonfc qu'aboutir à la fatigue et à l'impuissance. Donnez à votre œuvre toute votre sincérité ; ne lui donnez pas trop d'importance. J'ai vu, dans tous les temps, des artistes créer leur chef-d'œuvre au moment où ils s'y attendaient le moins et même, lorsqu'ils étaient peu satisfaits de la matière qu'ils traitaient. J'en ai vu d'autres qui s'écroulaient en croyant tenir ce chef-d'œuvre. Ils attachaient un prix énorme au sujet qui les occupait et à leur inspiration. Ils croyaient avoir trouvé des merveilles et en étaient jaloux au point de se figurer qu'un mauvais génie les poursuivait, cherchant à
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les leur dérober. Et je les voyais errer ça et là, effarés comme s'ils eussent porté la boule du monde, dans la crainte de la voir tomber et éclater en morceaux...
(( ... Que peut-on produire en cette situation?
« Ce qui est plus rare encore que le savoir modeste, c'est le demi-savoir qui ne soit pas prétentieux.
« Mais pourquoi désespérer? Rappelle-toi l'Exposition universelle de 1900, celle des Beaux-Arts dont on ne s'est guère occupé au milieu du tapage étourdissant de mille attractions ambiantes.
« Jamais la France, l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique, l'Italie et surtout l'Amérique, n'ont déployé un aussi grand nombre de talents divers.
(( Tu crains l'anarchie ?
(( Elle serait possible et non seulement en art ; car le mal que tu redoutes est général et menacerait tout, si l'insouciance des uns et la cupidité des autres tuaient complètement l'amour fraternel.
« Quand la masse aveugle s'organise et se laisse conduire par l'ambition, lorsque la masse éclairée et pensante s'abandonne par indifférence ; alors si des syndicats mercantiles et occultes allaient tyranniser toute tentative personnelle ; si la vérité se voyait repoussée et emmurée dans son puits comme dangereuse, si la liberté avait plus à craindre que
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la licence, si l'insulte était plus tolérée que la critique mesurée et juste ; si l'égoïsme, enfin, remplaçait l'enthousiasme désintéressé ; alors on arriverait vite aux catastrophes ; surtout dans un temps ou tout court d'un galop effréné, et où l'on voit les locomobiles, plus rapides que la foudre, se culbuter et s'écraser.
(( Je comprends que les faibles mortels s'en effraient. Hélas ! on croirait que la force fatale de le nature en est à la fermentation de ce qui arrive et à la décomposition de ce qui est arrivé.
(( Mais l'Amour, la source de vie, ne peut périr !
(( Le moment est critique, continua la Muse, mais j'en ai vu de pires et c'est toujours l'Amour qui reste vainqueur.
(( Au moment où les hommes semblent s'affaisser et manquer d'idéal et de fierté, regarde, les femmes se lèvent ! Elles se sentent en réserve des trésors dont il ne leur a pas été donné de tirer parti. Le rôle delà femme n'aura jamais été plus nécessaire et ce rôle c'est l'Amour ajoutant je ne sais quel prolongement de tendresse et d'idéal à la science elle-même, lui laissant toute son évidence lumineuse en combattant son étroit positivisme ; et c'est aussi pour le sentiment de l'art, mille perles exquises et nouvelles, mille extases maternelles et enfantines equ l'homme ne peut essayer
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sans fadeur et où elle conserve le caractère et 1 énergie.
(( Le xxe siècle sera le siècle de la vraie union et de l'équitable association de l'homme et de la femme » .
Alors la belle Muse se leva, puis, très droite, le coude haut, d'une torsion de son divin poignet, elle me serra la main.
Elle allait me quitter, lorsque devinant un sourire de surprise qui errait sur mes lèvres, elle dit :
« Tu trouves sans doute la façon dont je te quitte bien « nouveau-jeu ». Depuis les temps les plus reculés, j'adopte, de chaque époque, les usages que je trouve bons.
« Ce mode de salutation Aaut mieux que les chatteries de pavane des jours où la compagne de l'homme était considérée et se considérait ellemême comme une idole d'agrément et de frivolité.
(( Il signifie franchise, fermeté d'affection et dignité ».
Et, profondément ému, je m'inclinai. Je lui pris les deux mains que je pressai de mes lèvres. Je les sentis frémir dans un tressaillement qui n'était pas seulement celui de l'enthousiasme sacré de l'art, mais en même temps, celui de la charité et de la tendresse de la femme dont le rayon-
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nant symbole est le soleil de la vie. Je les retins longtemps, patientes, dans un rêve sans fond où plongeait ma pensée ; puis je les sentis comme se fondre d'elles-mêmes ; et je relevai la tête. La Muse avait disparu.
Breton.