IO
l'odyssée de la muse
à travers un prisme, immense bouchon de carafe qui irisa toute la nature.
On supprima toute forme pour que la lumière, se suffisant à elle-même, n'eût plus rien à éclairer.
Ailleurs on voyait des paysages livides exhalant la fièvre et de vagues relents d'hôpital comme les strophes de ce pauvre Verlaine. Et les sages faisaient des gestes consternés appelant la Muse, leur chère Muse perdue...
Cependant, il fallait en convenir, quelques impressionnistes ne manquaient pas de charme. Je me rappelle des irradiations de féeries où les couleurs semblent des pierreries, des éclats de lumière électrique, jetées au hasard, par touches pareilles, des verdures réalisant ces arbres d'émeraude chers aux poètes, dont le souvenir exaltait les cerveaux dans une obsession semblable à celle qui entraînait le public aux portes de cette fameuse salle des illusions où l'on s'écrasait à l'exposition de 1900.
Tous les artistes sont sensibles aux miracles de la lumière électrique irradiant dans la magie des couleurs, mais pourquoi tenter dans les tableaux ces effets sortant de nos moyens où ils seraient inutiles et que nous n'avons pas à regretter.
O Loïe Fuller ! vestale palpitante dans la flamme du foyer sacré ; sylphide chamarrée de saphirs et de rubis ; immense papillon au fabuleux éblouis-